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Demande de liberté refusée pour le meurtrier présumé de Martine Escadeillas: une affaire toujours floue depuis 1986

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Une nouvelle demande de remise en liberté a été refusée au meurtrier présumé de Martine Escadeillas, disparue à Toulouse en 1986.

C'est une affaire qui avait été classée à deux reprises en décembre 89 puis en 2008. Mais tout a été relancé en 2016 quand une lettre de dénonciation a été envoyée par une amie de la victime.

Finalement, la justice s'est prononcée ce mardi sur la demande de remise en liberté du meurtrier présumé de Martine Escadeillas, Joël Bourgeon. Cette dernière a été refusée.

Cette jeune secrétaire était âgée de 24 ans au moment de sa disparition. Elle n'a plus donné signe de vie depuis le 8 décembre 1986, alors qu'elle habitait à Ramonville au sud-est de Toulouse. Son corps n’a jamais retrouvé mais des traces de son sang ont été découvertes sur son palier et au sous-sol de son immeuble. 

6e demande de remise en liberté

Trente-trois ans après cette disparition, Joël Bourgeon, un ami de la jeune femme est arrêté en janvier 2019, il est mis en examen pour homicide volontaire. Ce père de famille âgé de 55 ans doit être jugé à l’automne 2022. 

Depuis le début de sa détention il y a 3 ans, il clame son innocence. C’est la raison pour laquelle ses avocats demandent pour la 6e fois sa remise en liberté.

Pourquoi il est devenu le suspect numéro 1

A 58 ans, Joël Bourgeon est le suspect numéro 1 dans le meurtre de Martine Escadeillas. C’est une lettre, envoyée en 2016 par une amie de la disparue et le mettant en cause, qui a relancé cette enquête vieille de plus de 30 ans. 

Il n’avait pourtant jamais été suspecté. Selon avocat, Me Jean-Baptiste de Boyer Montegut, ces accusations ne tiennent pas la route. 

"On n’a aucun élément tangible, aucune preuve irréfutable de sa culpabilité dans ce dossier. On en vient à l’hypothèse Bourgeon finalement parce qu’on n’a pas réussi à élucider cette affaire."

La famille veut juste savoir où est le corps de la jeune femme pour faire le deuil

Pourtant, pendant sa garde à vue, Joël Bourgeon reconnaît le meurtre. L’acte d’un amoureux transi, vexé d’avoir été repoussé. Mais ensuite, il se rétracte. Son avocat dénonce des aveux extorqués par les enquêteurs. 

"Aucun avocat n’était présent. A la sortie de ce huis clos étouffant, il a souhaité effectivement se rétracter. C’est un homme parfaitement honnête, parfaitement inséré, qui n’avait jamais eu affaire à la justice auparavant."

De son côté, la famille de la victime confie à RMC n’avoir qu’une seule attente: retrouver le corps de Martine Escadeillas pour enfin faire son deuil. 

Ambre Lepoivre (édité par J.A.)