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"Des audiences se terminent à 5h du matin": des magistrats dénoncent leurs conditions de travail

Rassemblement de magistrats, d'avocats et de greffiers devant le tribunal de Strasbourg pour protester contre le manque de moyens alloués à la justice, le 15 décembre 2021.

Rassemblement de magistrats, d'avocats et de greffiers devant le tribunal de Strasbourg pour protester contre le manque de moyens alloués à la justice, le 15 décembre 2021. - PATRICK HERTZOG © 2019 AFP

Un an après un premier mouvement, les magistrats se mobilisent de nouveau ce mardi pour dénoncer une "justice au rabais" et leurs conditions de travail. Plusieurs rassemblements sont prévus dans la journée.

Nouvelle mobilisation des magistrats ce mardi, un an après un mouvement inédit qui avait ébranlé le monde de la justice. Le suicide de Charlotte Guichard, une jeune magistrate, avait poussé certains juges et parquetiers a sortir de leur réserve pour exprimer leur mal être et leur incapacité à absorber tous les dossiers.

Surnommée “la tribune des 3000”, ce texte de revendications avait recueilli les deux tiers des signatures des magistrats.

Nelly Bertrand, juge d'application des peines, était l'une des neuf premières signataires de la tribune. Elle est aujourd'hui secrétaire permanente au syndicat de la magistrature.

1.500 magistrats supplémentaires attendus

“Un an après, finalement, rien n’a changé, au contraire c’est encore pire. On a toujours des audiences pénales qui se terminent au milieu de la nuit. Encore la semaine dernière, ça s’est terminé à 5h du matin. On a toujours des délais qui sont extrêmement longs pour divorcer, on a toujours des décisions de placement qui sont exécutées des mois après. Le temps que les effectifs arrivent en juridiction, on se retrouve sans solution. Les cas de burn-out sont très nombreux et c’est assez emblématique de la souffrance que peuvent générer les conditions dans lesquelles on rend la justice”, explique-t-elle.

Eric Dupond-Moretti a annoncé 1.500 magistrats supplémentaires sur la durée du quinquennat, mais les effets tardent à se faire sentir dans les tribunaux.

Des rassemblements doivent également avoir lieu dans la journée, notamment à Paris devant le tribunal judiciaire.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours