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Disparition de Tiphaine Véron au Japon: quatre ans après, son frère compte sur la justice française

Quatre ans après la disparition de Tiphaine Véron au Japon, ses proches se battent pour que la justice ne classe pas l’affaire. Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, son frère, Damien, réclame que la juge d’instruction se rende sur place.

La justice française sur le point de classer l’affaire Tiphaine Véron. C’est contre cette perspective que se battent les proches de la touriste française, disparue au Japon le 29 juillet 2018. Une pétition a été lancée et a recueilli près de 20.000 signatures pour demander à la juge d’instruction de ne pas clore le dossier et de se rendre sur place. Un déplacement indispensable selon Damien Véron, le frère de Tiphaine. "Nous avons mené des investigations et nous avons compris que la solution ne viendrait pas du côté japonais, explique-t-il dans ‘Apolline Matin' ce vendredi sur RMC et RMC Story. Pour des raisons culturelles, il n’y a pas forcément d’enquête criminelle ouverte. Donc on attendait, on espérait, que la France puisse peser, par le juge d’instruction, pour obtenir des éléments qui manquent, notamment sur la piste criminelle. C’est terrible pour nous. C’est un non-sens que le juge évoque la clôture."

"Au Japon, vous n’avez pas de juge d’instruction, vous n’avez pas cette possibilité par exemple qu’il y ait des gardes à vue lorsque vous avez des suspects, ajoute le frère de Tiphaine Véron. Il faut imaginer qu’en France, l’hôtelier qui dit qu’elle est partie avant 10h alors qu’en réalité elle est partie pratiquement à midi, il aurait été auditionné, il y aurait eu des gardes à vue. Or, là, ce n’est pas le cas. Il y a eu du sang qui est apparu dans la chambre de Tiphaine, à la suite d’une expertise, mais on n’a jamais eu les résultats pour savoir si c’était le sang de Tiphaine. En France, tout ça mène forcément à des investigations criminelles. C’est pour ça qu’on compte sur la partie française pour les mener, puisqu’au Japon, elles ne seront pas menées."

"En allant sur place, vous pouvez obtenir des choses"

Damien Véron est persuadé que les éléments que la justice française pourrait découvrir sur place feraient avancer l’enquête. "Il faut que les gens qui ont pu rencontrer Tiphaine le 29 juillet puissent être interrogés, souligne son frère. On sait qu’il y a quelqu’un qui est un faux guide, qui rôde à l’un des endroits que Tiphaine avait prévu de visiter. La liste des suspects est quand même assez longue. A partir du moment où ces suspects seront interrogés, on peut imaginer être capable de retrouver la trace de Tiphaine. Toutes ces choses-là doivent être faites. Un juge d’instruction, sur place, peut essayer de les obtenir. Elle n’est jamais allée sur place. Il y a eu des commissions rogatoires qui ont été envoyées au Japon. Malgré le canal diplomatique et l’appui de l’Elysée, les Japonais ne répondent pas aux demandes. Alors que, quand vous allez sur place, le sens du protocole et de l’honneur fait qu’ils vous reçoivent. Et encore plus si c’est un juge. Les relations à distance, ça ne marche pas. En allant sur place, vous pouvez obtenir des choses."

"La piste accidentelle est peu probable"

Qu’est-il arrivé à la touriste française ? Son frère ne croit pas à la thèse de l’accident. "On a toujours essayé de fonctionner avec des éléments clairs et factuels, explique-t-il. Au début, on s’est dit que la piste accidentelle, il fallait l’explorer. Les Japonais expliquaient que Tiphaine était tombée dans la rivière et que suite à un typhon et à une crue, on ne la retrouverait pas. Or, il n’y a pas eu de crue, ni de typhon, le jour de la disparition de Tiphaine. Les experts ont montré que s’il y avait eu une chute, on retrouverait forcément le corps. Et autour, il n’y a pas vraiment de sentier ou de précipice. De manière factuelle, la piste accidentelle est peu probable. Il y a eu des éléments, énormément de corps démembrés et de faits divers, qui montrent que la piste criminelle est un volet à prendre très au sérieux."

Quatre ans après, la famille et les proches de Tiphaine Veron se battent encore "de manière acharnée". "Je garde toujours espoir, confie Damien. Il y a des choses qui n’ont pas été élucidées. On ne peut pas laisser tomber. Encore plus si Tiphaine est aux prises d’un ravisseur en ce moment. Elle doit se dire: qu’est-ce qu’ils font, m’ont-ils abandonnée ? On doit se battre. On essaye de ne jamais y penser mais quatre ans aux mains d’un ravisseur, ça doit être épouvantable. C’est pour ça qu’il faut qu’on remonte toutes les pistes."

LP