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"Elle l'a carrément frappé à la figure": un enfant blessé par une toxicomane à "StalinCrack", un témoin raconte

L'exaspération des riverains est encore montée d'un cran cette semaine après une nouvelle agression dans ce quartier gangréné par le trafic et la consommation de crack.

Trois personnes ont été agressées gratuitement vendredi dernier en début d'après-midi par une femme près du Jardin d'Eole dans le quartier de Stalingrad à Paris, un lieu réputé pour la consommation et le trafic de crack. 

Parmi les victimes, un enfant de deux ans qui se trouvait dans sa poussette et qui a été frappé au niveau du visage. Le petit garçon souffre d'un gonflement de la pommette droite avec un hématome et une légère coupure non suturable.

Plusieurs riverains affirment que la personne qui a porté les coups est une toxicomane qui fréquente les jardins d'Eole: un lieu ouvert aux toxicomanes par la mairie de Paris mi-mai afin de limiter les nuisances dont sont victimes les habitants du quartier.

Les policiers de la BAC du 19ème arrondissement ont pu rapidement reconnaître la suspecte grâce au signalement. Interpellée, elle ne présente pas de signe d'ivresse, mais semble légèrement "confuse mentalement". La femme, née en 1975, n'est pas en mesure de présenter des papiers d'identité, mais montre aux policiers un bracelet hospitalier avec son prénom, son nom et son adresse.

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"Ca fait 37 ans que je suis dans le XVIIIe je n'ai jamais vu ça"

Les riverains affirment qu'ils assistent à une montée des violences de la part des consommateurs de crack depuis plusieurs semaines. Vendredi en début d’après-midi, Mahrez était attablé sur une terrasse située proche du Jardin d’Eole.

Soudain, une femme le frappe en plein visage avec son sac avant de s’attaquer un peu plus loin à un enfant de deux ans assis dans une poussette.

"Je me suis levé pour l'attraper, je suis tombé par terre, je l'ai suivie. Il y a une mère avec son enfant dans la poussette et elle a carrément frappé dans la figure. Ca fait 37 ans que je suis dans le XVIIIe je n'ai jamais vu ça. C'est incroyable".

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"On se fait agresser à chaque fois qu'on sort, pour X ou Y raison ou même sans raison"

Une exaspération partagée par Frédéric, porte-parole du collectif 19. Ce riverain du jardin d’Eole assiste à une montée de violences de la part des toxicomanes depuis plusieurs semaines.

"On se fait agresser à chaque fois qu'on sort, pour X ou Y raison ou même sans raison. Ca commence à devenir à devenir vraiment tendu car on se pose la question de s'avoir si les toxicomanes vont vraiment bouger ou pas. On a l'impression qu'ils ont pris d'assaut le parc et que maintenant c'est leur parc."

A partir du 30 juin le jardin d’Eole n’accueillera plus les consommateurs de crack à la nuit tombée a annoncé la mairie de Paris. Mais les riverains s’inquiètent car aucune autre solution n’a pour l’instant été envisagée pour les accueillir.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec J.A.)