RMC

Enlèvement de Mia: qui est Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem réfugié à l'étranger et soupçonné d'avoir organisé le rapt?

L'homme recherché aurait organisé et financé l’enlèvement de la fillette ainsi que la fuite vers l’étranger avec sa mère.

L’enquête sur l’enlèvement de la petite Mia avance et le nom d’un homme fait surface: Rémy Daillet-Wiedemann, un Français de 55 ans. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir organisé le rapt de la fillette et ont émis un mandat d'arrêt international à son encontre.

Ce mandat d'arrêt délivré par un juge d'instruction de Nancy "a été pris au regard de plusieurs éléments, dont les auditions de certaines des personnes placées en garde à vue et mises en examen", précise dans un communiqué le procureur de la République de Nancy François Pérain.

"Au regard de ces éléments, Rémy Daillet apparaît comme l'animateur principal de la 'mouvance' dans le cadre de laquelle s'inscrivent les mis en cause", ajoute le magistrat. Rémy Daillet aurait "joué un rôle dans l'organisation de l'enlèvement et aurait ainsi fourni les coordonnées de l'accueillante de la mère et de l'enfant à Neuchâtel".

Et ce quinquagénaire n’est pas un inconnu. Il est une ancienne figure politique locale, ex-président du Modem de Haute-Garonne.

>> A LIRE AUSSI - Survivalistes, "idées anti-Etat", QAnon... Ce que l'on sait des ravisseurs de la petite Mia

En 2010, il se fait exclure du parti par François Bayrou et entame un virage vers l’extrême droite. 

L'homme habiterait aujourd’hui en Malaisie, depuis plusieurs années. Il fréquente la sphère complotiste, multiplie les vidéos conspirationnistes et appel au "coup d'Etat populaire".

3000 euros via un compte offshore

Dans l'une de ses vidéos, il défend sur fond de musique dramatique l'idée d'un coup d'Etat populaire, affirmant que lorsqu'il sera au pouvoir il abolira presque tous les impôts, annulera le port du masque "scientifiquement inutile" et démantèlera la 5G. Il compte également interdire les "épandages aériens, appelés 'chem trails'", référence aux traînées de condensation laissées par les avions dans le ciel.

Rémy Daillet veut aussi faire "stopper les placements abusifs d'enfants", un argument auquel aurait été sensible Lola Montemaggi, la mère de la petite Mia.

La fillette de 8 ans avait été enlevée mardi dernier à la demande de sa mère par plusieurs hommes alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère maternelle dans un village des Vosges.

>> A LIRE AUSSI - Affaire Mia: la fillette remise à sa grand-mère ce lundi

D’ailleurs, selon l’un des suspects entendu en garde à vue, Rémy Daillet-Wiedemann aurait lui-même contacté Lola Montemaggi, la mère de Mia. Un autre suspect soutient même que l’homme a intégralement financé l’enlèvement de la fillette: 3000 euros via un compte offshore.

Contacté par BFMTV, ce dernier ne considère pas qu'il s'agit "d’un enlèvement mais d’une restitution d’un enfant à sa maman à sa demande". 

"Il y a une inquiétude de la population au sujet de nombreux placements abusifs, nous a-t-il affirmé. Selon lui, "il y a une inquiétude de la population au sujet de nombreux placements abusifs, il y a des milliers de placements faits abusivement".

"Opération Lima"

Selon le procureur, "Rémy Daillet apparaît comme l'animateur principal de la 'mouvance' dans le cadre de laquelle s'inscrivent les mis en cause". Il "aurait joué un rôle dans l'organisation de l'enlèvement et aurait ainsi fourni les coordonnées de l'accueillante de la mère et de l'enfant à Neuchâtel"

Les cinq hommes qui ont organisé son kidnapping sont poursuivis pour "enlèvement en bande organisée d'une mineure de (moins de) quinze ans et association de malfaiteurs". Quatre d'entre eux ont été placés en détention. Ils se revendiquent de la mouvance anti-système et, pour enlever la petite fille, avaient présenté à sa grand-mère des papiers falsifiés à en-tête du ministère de la Justice, se faisant passer pour des représentants de la protection de l'enfance.

>> A LIRE AUSSI - Survivalistes, "idées anti-Etat", QAnon... Ce que l'on sait des ravisseurs de la petite Mia

Le rapt a été conçu "comme une opération de type militaire", avec même un nom de code - "Opération Lima" -, avait expliqué dimanche M. Pérain.

Les cinq suspects se sont "rencontrés via les réseaux sociaux et partagent une même communauté d'idées", avait encore noté le magistrat. "Ils sont contre l'Etat et mobilisés contre ce qu'ils appellent la dictature sanitaire". Quatre d'entre eux, âgés de 23 à 60 ans et sans antécédents judiciaires, ont été arrêtés mercredi et jeudi à Paris et aux alentours, ainsi que dans l'est de la France. Un cinquième homme de 43 ans a été arrêté vendredi dans l'est.
Lola Montemaggi, ainsi qu'un ressortissant français qui l'a aidée en Suisse, sont quant à eux en détention dans le canton de Vaud dans l'attente d'une procédure d'extradition.

Lundi, Mia, 8 ans, a été remise à sa grand-mère dans un endroit tenu secret.

Azaïs Perronin (avec Guillaume Dussourt)