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Eric Dupond-Moretti, un habitué des polémiques

"LE PORTRAIT DE POINCA" - Le portrait du jour, Nicolas Poincaré, c’est celui d’Eric Dupond Moretti . Le garde des sceaux risque d'être mis en examen à la fin de la semaine prochaine.

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, poursuivi par la justice. Le ministre des juges est convoqué par des juges, soupçonné d’avoir profité de sa fonction pour régler des comptes avec d’autres juges.

Les magistrats et les gendarmes ont perquisitionné dans son bureau pendant 15 heures jeudi dernier. Ils ont fait venir un serrurier pour ouvrir les coffres-forts. Tout cela est absolument inédit et tout cela met aujourd’hui Eric Dupond-Moretti sur un siège éjectable. 

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Le ténor du barreau avait été nommé le 6 juillet dernier, c'est-à-dire il y a un an jour pour jour. C’était une surprise absolue puisque lui-même avait declaré qu’il se sentait incapable d’exercer la fonction, et que si on lui proposait, il la refuserait naturellement. Et finalement, il n’a pas refusé. Sans doute, n’a-t-il pas résisté à la tentation de prendre cette revanche sociale. 

Il s’appelle Dupond-Moretti. Dupond comme son père, ouvrier qui est mort quand il avait quatre ans, Moretti comme sa mère, femme de ménage d’origine italienne. Moretti aussi comme son grand-père maternel, assassiné en 1957, sans que cela ne déclenche une enquête, parce que c’était, je cite, “un petit ouvrier Rital dont tout le monde se fichait éperdument”. C’est cette injustice qui est à l’origine de la vocation de l’avocat.

"Acquittator"

Enfant du Nord, inscrit au barreau de Lille, il va faire le tour de France des cours d’assise, connu pour ses colères, ces emportements. Capable de traiter un ministre en exercice de mafieux, de hurler dans les oreilles d’un juge d’instruction, le juge Burgaud de l’affaire Outreau. 

Capable de séduire, aussi. Une jurée d’assise était tombée amoureuse de lui en le voyant plaider. Il ont deux enfants ensemble. On l’a surnommé "l’ogre", parce qu’il joue de son physique imposant. Ou bien "acquittator" parce qu'il a obtenu plus de 150 acquittements.

Ces dernières années, progressivement, l’avocat des “petits” et des malfrats est aussi devenu l’avocat des puissants. Il a défendu Jérôme Cahuzac, le roi du Maroc, Bernard Tapie. Il a quitté le nord pour s’installer dans les beaux quartiers de Paris. Puis il a accepté de devenir ministre, et c’est là que les ennuis ont commencé.

Nicolas Poincaré