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Expulsion de l'imam Hassan Iquioussen: audience cruciale ce vendredi au Conseil d'Etat

Le Conseil d'Etat va examiner ce vendredi la situation de l'imam Hassan Iquioussen sous le coup d'un arrêté d'expulsion qui a été suspendu par la tribunal administratif début août. Gérald Darmanin avait fait appel de cette suspension.

Faut-il expulser l'imam Hassan Iquioussen? Le Conseil d'Etat va se pencher ce vendredi matin sur son sort. Sous le coup d'un arrêté d'expulsion depuis un mois, l'imam Iquioussen a obtenu un répit quand le tribunal administratif de Paris a suspendu son expulsion début août. Ce dernier avait estimé qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l'imam. Depuis, le ministère de l'Intérieur a fait appel et c'est donc au conseil d'Etat de trancher.

Pour rappel, le ministre de l'Intérieur avait annoncé le 28 juillet l'expulsion de ce prédicateur du Nord, réputé proche des Frères musulmans, qu'il accuse d'avoir lancé des appels à la haine et à la violence notamment contre la communauté juive, et fiché S (pour sûreté de l'Etat) par la DGSI "depuis dix-huit mois", selon le ministre.

Décision attendue dans les 48 heures

La plus haute juridiction administrative va donc examiner ce recours de Gérald Darmanin en audience collégiale ce vendredi à partir de 11h. Trois juges du conseil d'Etat vont se prononcer sur le bienfondé ou non de la suspension de l'arrêté d'expulsion de l'imam. En clair, le tribunal administratif de Paris a-t-il eu raison d'accorder un répit à Hassan Iquioussen ?

Gérald Darmanin reproche à l'imam des propos antisémites. Pour le tribunal administratif, c'est du passé. Quant au soutien public à Ben Laden, il n'est pas prouvé. Restent ses propos rétrogrades sur la place des femmes. Insuffisant pour justifier l'expulsion au Maroc de l'imam né en France où il vit avec ses 15 petits enfants. Le tribunal administratif avait balayé les arguments du ministre de l'Intérieur contre le prédicateur, jugé provocateur, certes, mais pas hostile aux institutions françaises.

Les juges du conseil d'état auront peut-être une autre lecture. L'imam pourrait alors être immédiatement expulsé vers le Maroc. La décision est attendue dans les 48 heures.

Marion Dubreuil (édité par J.A.)