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"1300 élus locaux ont été agressés physiquement en 2020": pourquoi cette affirmation de Gérard Larcher n'est pas totalement vraie

"Louis va plus loin" - Le président du Sénat  était invité à réagir à la gifle reçue par Emmanuel Macron, et il a affirmé que 1300 élus locaux avaient été "agressés physiquement" en 2020. D’où vient ce chiffre?

C’est la statistique officielle du ministère de l'Intérieur, publiée en avril dans un rapport parlementaire. 1300 élus ont été “agressés” en 2020. Mais Gérard Larcher a fait un raccourci: le nombre de 1300 existe bel et bien, c’est 1276 précisément, sauf qu’il ne concerne pas uniquement les agressions physiques et prend également en compte les insultes ou les menaces. 

De même, il ne concerne pas seulement les élus locaux, mais aussi les députés et sénateurs. Dans le détail, en fait, 505 maires ou adjoints ont été la cible d’atteintes physiques. Ce n’est pas 1300, mais c’est évidemment beaucoup trop.

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C’est surtout la tendance qui inquiète parce que les agressions contre les élus, qu’elles soient verbales ou physiques, ont augmenté de 200% entre 2019 et 2020. C’est vrai, les élections municipales sont traditionnellement une période où ce phénomène s’accentue, mais elles ne suffisent pas à expliquer cette hausse impressionnante.

Ce qui inquiète également les autorités, outre le nombre, c’est la nature de ces attaques: elles sont plus individualisées, indique le ministère de l'Intérieur, comme si l’on ne s’en prenait pas seulement à l’institution, mais vraiment à l’homme ou la femme qui la représente. Ainsi, 63 véhicules et 68 domiciles privés ont été ciblés l’année dernière.

Est-ce que le gouvernement a pris des décisions pour lutter contre ces agressions?

Il l’a fait, mais les associations d’élus dénoncent une réponse insuffisante. En septembre 2020, le ministre de la Justice a publié une circulaire pour demander au Parquet de ne plus engager de poursuite pour injures publiques quand un maire est insulté, mais pour outrage. Cela relève du code pénal et peut conduire à des sanctions plus lourdes, de travaux d’intérêt général jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende.

Bien sûr, si des coups sont portés, les peines sont beaucoup plus sévères. Enfin, une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée en avril par un député des républicains pour durcir encore la réponse pénale, mais elle n’a toujours pas été examinée en séance et on ne sait pas si le gouvernement la soutient.

Louis Amar