RMC

Nouvelle révélation dans l'affaire Elisa Pilarski: un rapport vétérinaire accable Curtis, le chien de la victime

Le corps de cette femme de 29 ans, enceinte de six mois, avait été retrouvé dans une forêt de l’Aisne, en novembre 2019. L'autopsie a conclu qu'elle a succombé aux morsures "d’un ou plusieurs chiens".

Que s'est-il vraiment passé ce jour-là, dans cette foret picarde? Le corps d'une jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois, avait été retrouvé dans une forêt de l’Aisne, en novembre 2019. L'autopsie a conclu qu'Elisa Pilarski a succombé aux morsures "d’un ou plusieurs chiens".

Ce rapport d'expertise, rendu par deux experts, deux vétérinaires et un comportementaliste, accable le chien Curtis, selon une source proche du dossier à RMC.

Les experts avaient été chargés de répondre à un certain nombre de questions, et la plupart des réponses semblent désigner Curtis comme le chien qui a tué Elisa Pisarski, et probablement tout seul.

La morphologie de la mâchoire, clé de l'enquête?

Selon une source proche du dossier à RMC, le rapport explique que la mâchoire de Curtis est "compatible" avec les nombreuses morsures trouvées sur le corps de la future maman alors que celles des chiens de la chasse à courre non. En cause: la morphologie de la mâchoire de Curtis, un American Staff, plus courte que les autres chiens de la chasse à courre. 

Il établit aussi que Curtis est capable d'avoir causé ces blessures et tué Elisa Pilarski seul, que le jeune femme enceinte n'était pas capable au vu de ces capacités physiques d'arrêter Curtis.

En ce qui concerne le "lien d'affection" entre Curtis et Elisa les experts concluent que "le chien restait dans la relation maître-chien": Curtis était bien le chien de Christophe Ellul et non celui d'Elisa.

Il y a eu également une expertise comportementale sur Curtis qui a duré plusieurs semaines. Elle a conclu que le chien a été "entraîné à mordre", une pratique interdite et un entrainement qui aurait eu des effets néfastes sur le chien.

"Lorsqu'il mord il ne prévient pas et rien ne peut l'arrêter, il ne s'arrête que lorsque sa proie est détruite" décrit la même source à RMC. 

L'expert a ainsi mené une expérience en essayant de détourner l'attention du chien avec la voix, de la nourriture, un autre chien mâle, un autre chien femelle... Sans succès quand il mord un objet, explique-t-on à RMC. 

>> A LIRE AUSSI - Nouvelles révélations dans l'affaire Elisa Pilarski: le compagnon de la victime a-t-il menti sur une morsure du chien Curtis?

Le scenario du drame

Un examen, qui avait eu lieu deux jours après la mort d'Elisa Pilarski, en présence de son compagnon, Christophe Ellul, le propriétaire de Curtis, et de la soeur d'Elisa, avait également abouti à une conclusion similaire: en une demi-heure, le chien avait déchiqueté une balle, transformé en bouillie sa laisse avant de mordre son maître, au point de lui arracher son pantalon. Il avait attrapé également la sœur de la victime par la manche, l'obligeant à retirer son manteau. Une similitude troublante avec la scène du drame, selon l'éducateur à l'époque: Elisa Pilarski a été découverte en partie dénudée, sans son blouson retrouvé quelques mètres plus loin.

Un éventuel scénario est enfin envisagé dans ce nouveau rapport qui relance cette affaire: pour une raison inconnue, Elisa aurait pu perdre le contrôle de Curtis. Celui-ci enlève sa muselière avec ses pattes arrière, expliquant les griffures et excoriations autour de sa gueule.

Elisa aurait alors essayé de regagner sa voiture mais Curtis, qui l'a attaqué et mordu de nombreuses fois, aurait fini par la tuer. Une hypothèse qui explique que des vêtements et la muselière soient retrouvés à différents endroits. 

Où en sont les analyses ADN?

Ce nouveau rapport met ainsi directement à mal la défense de son compagnon, qui a toujours défendu son chien, considéré comme "d'attaque": Curtis était d'ailleurs dans une situation administrative illégale, car importé de Hollande alors que sa race est interdite d'importation.

De son côté, l'avocat de Christophe Ellul, maître Alexandre Novion, modère ces conclusions sur RMC: "Il faut attendre les résultats ADN" et c’est "L’ADN qui nous permettra d’avoir des bases solides et pas seulement des interprétations et supputations".

Celles-ci, annoncées courant 2020, sont toujours attendues, près d'un an après les faits.

Maxime Brandstaetter avec Xavier Allain