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"On n'a pas les moyens de traiter tous les cas": les cambriolages sont en hausse mais le taux d'élucidation reste faible

Les cambriolages ont augmenté au premier semestre 2019 tandis que le taux d'élucidation de ces affaires reste très faible.

Comme chaque été, les logements désertés pour cause de vacances attirent les cambrioleurs. Et au premier semestre 2019, les vols avec effractions ont augmenté de 1,15% comme le révèle Le Figaro. Mais le plus inquiétant, c'est le taux d'élucidation qui lui est extrêmement faible. Seule une affaire de cambriolage sur dix est élucidée.

En 2016, Fatima 32 ans est victime d'un cambriolage. Sa porte est forcée au pied de biche. La juriste contacte alors la police.

"Étonnant"

"L’impression que j’ai eu c’est qu’ils n’étaient là que pour faire un procès-verbal et qu’ils n’ont pas fait de relevé d’empreinte. Comment avec les seuls éléments qu’on leur a donnés qui étaient seulement un inventaire de ce qu’on avait chez nous, ils allaient faire une enquête ?", raconte-t-elle à RMC.

S'attendant à être recontactée, elle se retrouve sans nouvelle de la police: "Ça reste un événement marquant de ma vie et le fait qu’il y ait aussi peu d’investigations et d’intérêt c’est étonnant".

Des procédures lourdes

De son côté, les policiers évoquent un manque de moyens humains pour mener à bien les enquêtes, alors que 645 vols avec effraction ont lieu chaque jour: "Ce n’est pas faute de ne pas pouvoir les traiter, c’est qu’on a pas les moyens", explique Laetitia Buil du syndicat Synergie Officiers.

"Les collègues qui sont tous les week-end sur les gilets jaunes, ils ne peuvent pas être en même temps sur les cambriolages", fait-elle valoir.

Le syndicat constate aussi que les policiers sont de moins en moins attirés par l'investigation à cause notamment de la lourdeur des procédures.

Mahauld Becker-Granier (avec Guillaume Dussourt)