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Procès du buraliste qui avait tué un cambrioleur de 17 ans: "Il n'était pas en légitime défense"

Le procès en appel de Luc Fournié s'ouvre ce mercredi matin. Ce buraliste avait abattu d'un coup de fusil un jeune cambrioleur de 17 ans, et avait été condamné en première instance à sept ans de prison, la justice ayant considéré sa réaction "disproportionnée".

Il avait abattu d'un coup de fusil un jeune de 17 ans, venu cambrioler avec un complice son bureau de tabac de la commune de Lavaur, dans le Tarn, en 2009. Luc Fournié, qui plaidait la légitime défense, avait ensuite été condamné en première instance à sept ans de prison, en avril 2015. Il a depuis été remis en liberté. C'est son procès en appel qui s'ouvre ce mercredi matin, à Albi.

"J'attends qu'il reconnaisse qu'il n'était pas en légitime défense"

Une épreuve pour la famille de Jonathan, ce jeune abattu par Luc Fournié. Estelle, la maman de la victime, redoute cette nouvelle confrontation avec celui qui a tué son fils. Elle aimerait cette fois l’entendre dire qu’il "est entièrement responsable". "Il est encore temps, implore-t-elle sur RMC. Il est encore temps, ça m'apaiserait". Elle n'attend pas de la part de Luc Fournié qu'il lui présente "des excuses soufflées par son conseil". "Depuis le premier procès, j'attends qu'il reconnaisse qu'il n'était pas en légitime défense".

Elsa, la sœur de Jonathan, n'attend, elle, "rien de lui". "On ne peut pas avoir des mots sept ans après. Les mots c'est tout de suite ou dans les semaines qui suivent, sept ans après c'est de l'opportunisme. On ne peut pas regretter ou avoir des mots de compassion après toutes ces années lorsqu'on essaie de sauver sa peau".

"Ce n'est pas un meurtrier"

Luc Fournié n’a pas souhaité s’exprimer avant ce nouveau rendez-vous avec la justice. C’est son avocat, Maitre Georges Catala, qui a pris la parole. "Il va au procès pour revendiquer son droit qui consiste à dire que ce n’est pas un meurtrier, mais également pour essayer d’avoir des mots justes vis-à-vis de la mère du jeune garçon qui, sans doute, souffre de façon tout à fait sincère et cruelle".

Georges Catala plaidera à nouveau la thèse de la légitime défense. En première instance, les jurés avaient estimé que "la riposte était disproportionnée" et avaient condamné le buraliste.

Philippe Gril avec JW. Forquès