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"La peur est là": un incendie ravage une usine de batterie au lithium à Grand-Couronne

Un entrepôt où étaient stockées plus de 8.000 batteries au lithium a pris feu lundi soir à Grand-Couronne, près de Rouen. Selon la préfecture, les mesures de la qualité de l'air ne font apparaître "aucun besoin de protection des populations". Si le site n'est pas classé Seveso, cet incendie n'est pas sans rappeler celui de l'usine Lubrizol en septembre 2019.

Un incendie s'est déclaré lundi après-midi, à Grand-Couronne, une commune voisine de Rouen, en Seine-Maritime. C'est un entrepôt de Bolloré Logistics qui a pris feu. L'incendie s'est déclaré vers 16h30 dans ce bâtiment de 6.000 m2 contenant quelque 8.000 batteries au lithium avant de gagner un entrepôt abritant "environ 70.000 pneus". A 6h20 ce mardi matin, le feu était maîtrisé mais pas encore éteint. 12.000 m² ont été détruits par les flammes sur ce site non-Seveso qui abrite quatre sociétés. L'origine accidentelle est privilégiée, de source policière.

Aucune victime n'est à déplorer, et les habitants n'ont pas été invités à évacuer où à se confiner. Plus de 140 pompiers étaient mobilisés à 22h. L'opération sera longue selon le préfet, car les pompiers doivent utiliser de l'eau et non de la mousse pour éteindre le lithium. Cet incendie ravive de très mauvais souvenirs aux riverains alors que l'incendie de l'usine Lubrizol avait eu lieu à quelques kilomètres seulement.

La première détonation, Charaf, riverain de l'usine Bolloré Logistics, l'a ressentie à plus d'un kilomètre. Laetitia, elle, était chez sa mère, à quelques dizaines de mètres seulement de l'incendie.

“C’est la maison la plus proche. Les enfants se sont mis à pleurer quand les fenêtres ont vibré. Ils sentaient sous leurs pieds la détonation. Il y avait de la fumée, des étincelles comme des petits feux d’artifice qui tombaient dans la cour. Entre l’heure où a eu lieu l’incendie, et l’heure où on a eu les explications, il s’est écoulé presque deux heures facile. La peur est là et elle le restera”, affirme-t-elle.

Pas d'impact sur la qualité de l'air

Vers minuit, la préfecture se voulait rassurante, affirmant que l'incendie a été circonscrit. La qualité de l'air était également suffisante pour ne pas confiner les riverains.

Il y a trois ans, Camille habitait alors en face de l'usine Lubrizol lors de l'accident. Avec sa compagne, la décision est prise, pas question de mettre les enfants à l'école ce mardi.

“C’est vraiment en face de nous. L’odeur était très forte. On ne veut pas prendre de risque pour les enfants. Ils ont des poumons fragiles donc ils vont être confinés et puis c’est tout”, appuient-elles.

Ce mardi matin, toujours d'après la préfecture, la rive gauche de Rouen pourrait sentir une odeur de brûlé, sans risque pour la population. Les causes de l'incendie ne sont pas connues à ce stade, indiquait lundi soir le groupe Bolloré, qui loue le bâtiment.

Guillaume Descours avec Maryline Ottmann et Guillaume Biet