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Fausse couche en garde à vue: "Les rapports montrent qu'il n'y a pas eu de geste violent"

Un policier a été suspendu après qu'une femme a fait une fausse couche lors d'une garde à vue dans un commissariat du 12e arrondissement de Paris. Une décision critiquée par les syndicats de police.

La polémique enfle parmi les policiers après la suspension de l'un d'entre eux par Christophe Castaner. Une enquête a été ouverte après la plainte d'une femme enceinte de deux mois ayant fait une fausse couche après une garde à vue mardi dernier dans un commissariat du 12e arrondissement de Paris.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a demandé immédiatement la suspension provisoire d'un policier en attendant les conclusions de l'enquête, selon Beauvau. Une suspension "sans qu'à ce stade un lien de causalité puisse être établi entre la perte de l'enfant et une éventuelle faute. 

"Il sert de pare-feu à la place Beauvau"

Le syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière (FO) dénonce une "suspension scandaleuse":

"On se sert d'un gardien de la paix qui n'a fait que son travail comme bouc émissaire. Il y a déjà les rapports qui démontrent qu'il n'y a pas eu de gestes violents et qui attestent que la prévenue s'est jetée au sol. C'est triste qu'elle ait perdu son bébé, mais on est en train de rejeter la faute sur un gardien de la paix qui est en état de désespérance. Il sert de pare-feu à la place Beauvau, tout simplement", déplore le secrétaire général du syndicat, Yves Lefebvre.

Cette femme avait été interpellée après une agression sur un couple sur la voie publique. Refusant d'être placée en cellule de garde à vue, elle s'est débattue et les policiers sont intervenus pour la maîtriser.

Elle se serait ensuite plainte de douleurs et a indiqué qu'elle était enceinte. Les fonctionnaires auraient ensuite appelé un médecin et elle a été hospitalisée. Elle a fait une fausse couche. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

Margaux Boddaert (avec P.B.)