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Fausse victime du Bataclan: "C'est insupportable parce que ça touche le malheur des gens"

Un homme est jugé par le tribunal correctionnel de Versailles pour tentative d'escroquerie pour s'être fait passer pour une victime du 13 novembre. Il avait assuré avoir survécu à la tuerie du Bataclan et avait demandé à se faire indemniser par le fond d'aide aux victimes.

À l'entendre, Cédric était un miraculé du 13 novembre. Cet ambulancier avait affirmé avoir survécu à l'attentat du Bataclan, quand une femme enceinte avait pris les balles qui lui étaient destinées. Il s'était même fait tatouer une image du Bataclan sur le bras. Pourtant son récit n'était qu'une pure invention.

Il est jugé aujourd'hui au tribunal correctionnel de Versailles pour tentative d'escroquerie. Après les attentats, il avait demandé une indemnisation au fond de Garantie des Victimes qu'il appelait quasi-quotidiennement début 2016. Pour Michael Stora, psychanalyste, les profils de ces fausses victimes ont des points communs.

"On voit que ce sont des personnalités qui d’une certaine manière, ont un besoin de reconnaissance qui passe entre autre par une médiatisation. On va trouver dans une forme d’imposture un moyen d’exister, un moyen de trouver de l’amour", explique-t-il.

Sept personnes déjà condamnées

Si ces cas sont marginaux, il porte préjudices au vraies victimes: "C’est insupportable parce que ça touche le malheur des gens dans le réel. C’est une épreuve supplémentaire", affirme Paul Bertrand, porte-parole de la Fédération des victimes d'attentats et d'accidents collectifs.

Cédric risque jusqu'à 5 ans de prison pour tentative d'escroquerie.

En France, sept personnes ont déjà été condamnées pour escroquerie et tentative d'escroquerie depuis les attentats du 13 novembre. D'autres cas de fausses victimes ont été répertoriés ces derniers mois. En début de semaine, un candidat de l'émission "La France a un incroyable talent", avait prétendu avoir chanté en hommage à un ami tué au Bataclan le 13 novembre 2015. Une prestation qui a ému le jury, sauf que cette victime n'a jamais existé.

Claire Andrieux (avec G.D.)