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Rescapé du Bataclan, Guillaume s'est donné la mort: "2 ans après, les terroristes font une nouvelle victime"

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Guillaume Valette, 31 ans, s'est suicidé. Il était au Bataclan le soir du 13-Novembre. Il en avait réchappé. Ce n'est pas le seul rescapé des attentats à avoir mis fin à ses jours, affirme l'association Fraternité et vérité.

Guillaume Valette avait 29 ans le jour du 13-Novembre. Deux ans après, juste quelques jours après les commémorations des attentats, il a mis fin à ses jours. C'est l'association Fraternité et vérité l'a annoncé sur sa page Facebook, précisant qu'il s'était suicidé "dans la nuit de samedi à dimanche", sans doute du week-end dernier.

"Il voulait rester seul..."

"Nos pensées et l’expression de notre profonde sympathie vont à sa famille, à ses amis, à ses proches", écrit l'association de survivants des attentats du 13 novembre 2015. Selon l'association, qui communique sur ce décès avec l'accord de la famille, le trentenaire "n’avait souhaité se faire aider ni par sa famille, ni par l’une des associations de victimes". "Il voulait rester seul...", poursuit le texte.

Un isolement que regrette Fraternité et vérité:

"Avec l’accord de sa famille, nous nous devons de rappeler combien il est important de prendre conscience de la nécessité de se faire accompagner, par sa famille en tout premier lieu, par une association, par un médecin, un psychiatre, un psychologue."

"Il y a ce qui se passe sur le moment et à plus longue échéance"

Guillaume était tout de même suivi par un psychiatre et un psychologue. Mais Georges Salines, fondateur et ancien de l'association, rappelle à quel point le traumatisme et durable, et les conséquences, imprévisibles.

"Guillaume était suivi sur le plan psychologique. Mais l'aide professionnelle, manifestement, n'a pas suffi dans son cas. Et souvent ne suffit pas. Je pense que le réseau associatif, mais aussi la famille, les amis, tout ça est extrêmement important."

Nul ne peut, explique-t-il, prédire l'impact à long terme des traumatismes vécus.

"Deux ans après, les terroristes font une nouvelle victime.Il y a ce qui se passe sur le moment, et il y a tout ce qui se passe à plus longue échéance. Tout ce qui se passe autour, tous les proches, la famille, les amis des victimes, qui sont à leur tour touchés et plongés dans la détresse."
Charlotte Peyronnet (avec P. C.)