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Faut-il imposer la castration chimique aux condamnés pour viol? Ça fait débat sur RMC

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez s'est prononcé pour la "castration chimique" des "prédateurs sexuels". Aujourd'hui, elle n'est mise en place qu'avec l'accord du condamné.

Imposer la castration chimique aux condamnés pour viol pour éviter la récidive. C’est la proposition de Laurent Wauquiez. Le patron des Républicains reprend une mesure à laquelle Nicolas Sarkozy s’était déjà déclaré favorable en 2005. Aujourd’hui, elle n’est mise en place qu’avec l’accord du condamné

Le code pénal prévoit que le juge peut prononcer une injonction de soins. La castration chimique en fait partie. Mais l’accusé doit apporter son consentement. S’il refuse les soins qui lui sont proposés, "l’emprisonnement prononcé pourra être mis à exécution", précise le code pénal. Autrement dit, le condamné a le choix entre la prison et les soins.

Le juge propose les soins, mais n’impose rien. Et il y a une très bonne raison à cela, selon Céline Parisot, secrétaire générale de l’Union syndicale des Magistrats:

"Le magistrat n'est pas médecin, il ne faut pas tout mélanger. Un magistrat ne peut pas imposer un traitement, il peut imposer le suivi de quelque chose proposé par un médecin et sanctionner si jamais ce traitement n'était pas suivi. Ce n'est pas une solution miracle. Ce sont des traitements qui doivent être adaptés à chaque personne, ça ne correspond pas forcément à tout le monde. Ça c'est un problème qui est plus médical que juridique mais c'est un traitement qui ne peut pas être généralisé sans réflexion".

Efficace chez 10% des patients

Ce traitement fait partie de la batterie de soins proposés à un condamné pour viol. Il est contrôlé par un psychiatre. La castration chimique consiste en une injection de produits, à peu près tous les 3 mois, pour diminuer les hormones et les pulsions sexuelles. Il va agir comme une camisole pour réduire le risque de récidive.

Certes, il n’est efficace que chez environ 10% des patients selon les experts psychiatres, mais dans ce cas, pourquoi ne pas pouvoir l’imposer à ceux-là ? Le juge devrait en avoir la possibilité estime Pierre-Henri Dumont, député Les Républicains du Nord: "C'est simplement de savoir si la personne représente une menace pour la société ou pas. Si le magistrat estime que la personne représentera in fine une menace, il est nécessaire qu'il prononce cette peine supplémentaire de castration chimique. On a vu différents pays européens qui ont mis en place ce système donc la France ne serait pas du tout isolée si elle autorise les juges à délivrer une telle sentence".

En Europe l’Allemagne a été le premier pays à autoriser la castration chimique. Ont suivi la Suède, la France, le Danemark. Mais il n’y a qu’en Pologne où elle est obligatoire chez les récidivistes. Tout comme dans plusieurs Etats américains.

Matthieu Rouault (avec P.B.)