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"Il a pris en otage son épouse et son suppléant": au procès des époux Fillon, la lourde charge des procureurs contre les prévenus

Pendant leurs réquisitions, les procureur du Parquet national financier se sont attachés à démonter la réalité de l'emploi de suppléante de Penelope Fillon, dénonçant au passage "le sentiment d'impunité" de François Fillon.

Des réquisitions lourdes. Mardi, le Parquet national financier a requis cinq ans de prison ferme dont deux avec sursis, 375.000 euros d’amende et 10 ans d’inéligibilité contre François Fillon, poursuivi pour détournement de fonds publics. Contre Penelope Fillon, le PNF a demandé trois ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende et deux ans avec sursis et 20.000 euros d'amende contre Marc Joulaud.

Le parquet financier a dénoncé une pratique "qui a perduré dans le temps et a été systématisée par François Fillon": l'embauche de son épouse comme assistante parlementaire, aux "tâches impalpables et désincarnées", démontées les unes après les autres par les procureurs. Ils ont pointé des "éléments immatériels" relevant de la vie privée: "Leur attribuer un caractère professionnel est une insulte au bon sens", a taclé l'un d'eux.

Pénélope Fillon, la "victime consentante"

Deux ans de prison ferme donc, requis contre François Fillon, qui "enfermé dans ses dénégations (...) conforté par un profond sentiment d'impunité, a pris en otage son épouse et son suppléant" faisant d'eux des "complices actifs", a poursuivi le Parquet, qualifiant Penelope Fillon de "victime consentante", et réclamant trois ans de prison avec sursis pour l'épouse de l'ancien Premier ministre.

Les prévenus n'ont pas adressé un regard aux procureurs pendant les quatre longues heures de réquisition. Leurs avocats doivent plaider la relaxe ce mercredi, au dernier jour de leur procès. Le tribunal rendra son jugement dans plusieurs semaines. 

Gwladys Laffitte (avec Guillaume Dussourt)