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"Il est reparti, libre": violée par un taxi, le dégoût de Samantha après la décision de la justice

Interrogée sur RMC, Samantha a témoigné de "sa déception" et son "incompréhension totale" après le verdict de la cour d'assises d'Evry qui a condamné son violeur à six ans de prison dont quatre avec sursis et deux aménageables et lui a donc permis de ressortir libre. L'homme avait déjà été condamné par le passé.

La détresse de Karine a été partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo, la jeune femme de 25 ans dénonce le verdict de la cour d'assises du tribunal d'Evry, qui a condamné à six ans de prison, dont quatre années avec sursis et deux aménageables, Bamdad A. pour deux viols et une agression sexuelle, commis en l'espace de quelques mois en 2016 à Paris et à Massy (Essonne). Une peine qui "n'est pas juste" selon elle puisque l'homme est donc toujours en liberté.

Deux autres jeunes femmes ont été reconnues victimes de cet ancien chauffeur de taxi, parmi lesquelles se trouve Samantha qui partage ce vendredi sur RMC la "déception" et l"écoeurement" qu'elle a ressenti au moment du verdict.

"Ca a été une déception, un écoeurement, l'incompréhension totale, cette peine elle ne protège pas la société, moi je suis une victime, je suis reconnue mais pourtant il est encore dehors, il est reparti avec sa femme, libre" déplore la jeune femme de 24 ans.

Un homme déjà condamné

Ce qui indigne les victimes, c'est que ça n'est pas la première fois que l'homme est condamné. Âgé d'une trentaine d'année, l'ancien chauffeur de taxi a déjà écopé d'un an de prison avec sursis en 2013 pour une agression sexuelle.

Comme exigé par le tribunal correctionnel de Paris il a suivi pendant trois ans une thérapie qui a pris fin le 5 janvier 2016. Seulement quelques mois plus tard, en août, il a de nouveau agressé sexuellement une femme, un acte pour lequel il a été condamné en récidive à Evry.

Aussi, neuf autres jeunes femmes l'accusent d'agressions et viols commis entre 2009 et 2016 à la fin d'un trajet dans son taxi, mais elles n'ont pas porté plainte.

"Pas de sanction réelle"

Pour expliquer sa décision, la cour estime que le coupable a muri depuis sa première condamnation car il est devenu père de famille. Aussi, la prison pourrait nuire au suivi psychologique qu'il a eu par le passé. Pour l'avocat de Samantha, la récidive de Bamdad A. questionne justement l'efficience de la thérapie qu'il a suivie.

"Il n'y a pas eu de sanction réelle concrète et donc que de ce fait le message adressé n'est pas celui de vouloir faire cesser les viols mais que dans de bonnes circonstances, un violeur peut s'en sortir, ça questionne l'efficience et le sérieux du suivi", estime Me Marc-Antoine Aimard.

L’avocat général a fait appel de la décision de la cour jeudi, une petite victoire pour les victimes, qui se déclarent prêtes à se battre encore plusieurs mois.

Bettina De Guglielmo et Lucile Pascanet