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Il réclame "la peine maximale" pour Jonathann: ce qu'a dit le père d'Alexia Daval devant le juge

Interrogé par le juge, Jean-Pierre Fouillot a confié sa détresse d'avoir perdu sa fille.

Ils font face au meurtrier de leur fille. Les parents d'Alexia Daval ont pris la parole devant la cour d'assises de la Haute-Saône. Un moment poignant, pour, ils l'espèrent, pousser Jonathann Daval a expliquer les raisons de son geste.

C'est Jean-Pierre Fouillot, le père d'Alexia, qui a pris le premier la parole devant la barre. Un témoignage très fort, parfois marqué par les trémolos dans la voix, parfois en colère avec une voix qui porte. Il a ainsi réclamé devant la cour "la peine maximale" à l'encontre de son gendre, accusé du meurtre de sa fille.

"J'espère tout simplement que la peine maximum soit octroyée", a-t-il déclaré lors d'une déposition forte à la barre alors que son gendre encourt la réclusion criminelle à perpétuité. "Notre futur, il est simple, nous avons pris perpétuité. Est-ce que ce sera le cas de Jonathann, c'est vous qui en déciderez", a-t-il lancé à la Cour.

Ce papa meurtri raconte comment son gendre a "éteint la lumière que représentait Alexia (...), ce fameux jour nous a éteint la lumière du bonheur et de la sérénité. Nous sommes désormais en mode veilleuse. Entre le drame et ses aveux, il s'est passé trois mois, trois mois où il s'est moqué de nous, il a usé de notre bonté" lâche-t-il.

Jean-Pierre Fouillot se tourne alors plusieurs fois vers Jonathann, lui adressant la parole. La chose la plus dure: la reconstitution. "La mise à mort de ma fille", comme il le dit. "Trainée dans les ronces et il dit encore aimer ma fille? Impossible", pour ce père qui explique qu'il n'a plus d'avenir.
Encore une fois, en regardant Jonathann qui s'enfonce dans son box, les yeux et la tête baissée, Jean-Pierre Fouillot demande à son ancien gendre s'il a enlevé l'alliance de femme par amour ou bien pour la garder comme un trophée.

"Il nous a sali"

Et de s'interroger encore en s'adressant à l'accusé qui fuyait son regard : "Pourquoi Alexia a-t-elle été assassinée, pour une dispute, une relation sexuelle refusée et peut-être pour vouloir te quitter, Jonathann ?".

"Avant ce drame, le bonheur régnait au sein de notre famille" mais Jonathann l'a "cassé", a ajouté Jean-Pierre Fouillot, 64 ans, vêtu d'une veste de velours vert, la voix parfois altérée par les sanglots. "Il nous a sali" en accusant son beau-frère d'un complot et d'être le meurtrier, a-t-il encore lâché.

"Alexia était une fille tout ce qu'il y a de plus simple, mais tout ce qu'il y a de plus aimant (...) c'était un bonheur immense pendant toutes ces années", a-t-il ajouté, déplorant que la défense cherche à "salir" aussi la victime. "C'est d'un assassinat, c'est d'un massacre dont on parle", a estimé M. Fouillot, alors que les parties civiles soupçonnent Jonathann d'avoir prémédité le meurtre.

Avant de conclure très digne, dans un silence de cathédrale, en s'adressant aux jurés qui l'écoute religieusement, et encore et surtout à Jonathann: "Si vous avez vu les images de l'autopsie de ma fille, j'espère que le maximum te sera octroyé". 

A l'issue, le président de la cour Matthieu Husson a salué la "dignité" de ces propos qu'il a résumés par "dix ans de bonheur avec Alexia, trois ans de malheur" depuis le meurtre.

Gwenaël Windrestin avec Xavier Allain