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"Il faudra que je sorte mes mots à moi pour expliquer qui elle était vraiment": les parents d'Alexia Daval confrontés à leur gendre ce mercredi

Après une audience très technique mardi, place ce mercredi au témoignage des parents d'Alexia Daval, qui ont prévu de s'adresser à leur ancien gendre.

Ils voulaient s’adresser à leur gendre, mais c'est non. Ce mercredi, les parents d’Alexia Daval vont donner leur témoignage devant la Cour d’Assise de Haute-Saône à Vesoul. Après trois jours de procès éprouvant, notamment mardi, où les parents de la jeune femme qui ont quitté la salle lors de la lecture du rapport d'autopsie.

Peu après 11h, la déposition des parents d'Alexia Daval a donc débuté, mais le président a douché les attentes d'un face-à-face annoncé avec Jonathann en déclarant qu'il n'était "pas question à ce stade" qu'ils interpellent celui qui a reconnu le meurtre de leur fille.

C'est Jean-Pierre Fouillot, le père de cette jeune employée de banque de 29 ans, découverte morte dans un bois de Haute-Saône le 30 octobre 2017, qui a d'abord pris la parole: il a réclamé "la peine maximale" pour Jonathann.

Sa mère, Isabelle Fouillot ainsi que la soeur d'Alexia et son mari, Stéphanie et Grégory Gay, doivent se succéder ensuite à la barre.

Pas d'interrogatoire

Les parents avaient annoncé dès lundi leur intention de profiter de leur passage à la barre pour s'adresser directement à Jonathann et lui demander "pourquoi" il a tué leur fille. Mais le président de la Cour d'assises de la Haute-Saône, Matthieu Husson, s'y est opposé dans l'immédiat, déclarant qu'il n'était "pas question à ce stade" qu'ils l'interpellent directement.

"Je rappelle que Jonathann Daval n'a pas encore été interrogé sur le fond de cette affaire. Les parties civiles pourront (l')interroger (...), mais seulement après que j'aie moi-même procédé à mon interrogatoire", a déclaré Matthieu Husson, alors que l'accusé doit être interrogé mercredi après-midi. "Les parties civiles ne peuvent interroger que par leurs avocat ou le président et doivent demander mon autorisation", a-t-il souligné.

Ils peuvent "déposer certes librement, mais pas question à ce stade de poser des questions directement à Jonathann Daval ou de l'interpeller", a insisté M. Husson, qui a également indiqué que la diffusion d'une partie de l'audition dans le cabinet du juge d'instruction, durant laquelle Jonathann Daval craque face à Mme Fouillot et reconnait de nouveau le meurtre d'Alexia, aura lieu "probablement en début d'après-midi". Elle avait été demandée mardi par la défense de l'accusé.

"Pouvoir dire ce que j'ai à dire"

Ce mercredi avait pourtant été présentée comme "une journée cruciale", selon la mère d'Alexia Daval. Et son mari Jean-Pierre Fouillot le sait, ce sera une journée difficile, où il faudra tenir et faire face à Jonathann.

“Tout ce que j’espère, c’est pouvoir dire ce que j’ai à dire, avec mes mots. On m’entend peut parce que j’ai du mal à parler d’Alexia. Et il faudra que je sorte mes mots à moi pour expliquer qui était vraiment Alexia et la peine qu’on peut avoir et qu’on aura jusqu’à la fin de notre vie”, assure-t-il.

"Il veut collaborer"

Jonathann, qui dans un souffle a avoué lundi être le seul impliqué dans la mort de sa femme, va aussi être entendu longuement sur les faits ce mercredi. Et surtout sur les raisons de son geste. 

“Je ne vais pas vous dire qu’il est pressé. Il appréhende nécessairement, mais en tout cas, il est toujours dans la même dynamique qui est la sienne à savoir collaborer et s’expliquer”, précise Ornella Spatafora est l'une de ses avocats.

Après chaque journée d'audience, les visages des parties civiles sont fatigués. Nul doute qu'ils devraient l'être encore plus ce mercredi soir.

Gwenaël Windrestin avec Guillaume Descours