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Île-de-France: un policier accusé d'avoir détourné des armes destinées à être rendues

Dépôt d'armes à Lisle-sur-Tarn le 28 novembre 2022 lors de l'opération nationale d'abandon - ou d'enregistrement - d'armes illégales, coordonnée par le ministère de l'Intérieur qui dure jusqu'au 2 décembre (illustration)

Dépôt d'armes à Lisle-sur-Tarn le 28 novembre 2022 lors de l'opération nationale d'abandon - ou d'enregistrement - d'armes illégales, coordonnée par le ministère de l'Intérieur qui dure jusqu'au 2 décembre (illustration) - Valentine CHAPUIS © 2019 AFP

Alors que le ministère de l'Intérieur avait lancé une opération nationale pour réduire massivement le nombre d'armes non-déclarées dans le pays, un policier en aurait profité à des fins personnelles.

Fusils, armes, sabres... Les Français étaient invités il y a quelques semaines à rendre leurs armes non-déclarées. Un brigadier-chef de la police nationale aurait profité de cette opération spéciale organisée par le ministère de l'Intérieur, visant à réduire le nombre d'armes non-déclarées en France, pour en détourner une demi-douzaine.

Depuis le 25 novembre, les détenteurs d'armes à feu peuvent les abandonner, sans être poursuivis par la justice. Il suffisait d'appeler un numéro, ou de contacter le commissariat le plus proche et un agent local était chargé de récupérer les armes.

Le policier mis en cause répondait aux coups de fils à Champigny (Val-de-Marne), comme le révèle Le Parisien. Il notait les adresses et les noms, sans les enregistrer dans le système. Aucune trace n'existait alors de l'appel, et la police administrative n’était pas prévenue. Avec, à l'esprit, l'idée de se mettre discrètement de côté ces vieilles armes. Il allait ensuite les chercher lui-même chez les usagers.

Un "vieux de la vieille"

Une technique bien rôdée, jusqu'à un cafouillage, mercredi dernier. Une dame appelle le commissariat. La veille, un policier est venu chercher son arme, explique-t-elle. Mais voilà: elle a oublié de lui donner aussi les munitions.

Le fonctionnaire au standard fouille les registres, sans succès. Il ne trouve pas trace de cette mission. Il appelle sa hiérarchie, et le pot-aux-roses est découvert : une perquisition menée dans le véhicule du brigadier-chef révèle la présence de six armes.

"On lui faisait confiance. C’est un vieux de la vieille qui est à Champigny depuis longtemps", témoigne un collègue au Parisien. Le fonctionnaire a été placé en garde à vue et devrait être suspendu.

Lucile Pascanet (édité par J.A.)