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2 millions d'armes non-déclarées en France: une campagne nationale lancée pour les restituer

Une campagne nationale d'une semaine est lancée par l'Etat pour rendre aux commissariats les armes non-déclarées, avec une procédure simplifiée.

Rendez-les armes ! C'est le message lancé par l'Etat, qui organise une vaste opération à partir de ce vendredi. Les autorités invitent les Français à restituer les armes non-déclarées dans 300 points d’information et de collecte ouverts sur tout le territoire jusqu'au vendredi 2 décembre, principalement dans les commissariats et gendarmeries.

Il y aurait en effet plus de 2 millions d'armes non-déclarées qui circuleraient en France. 1 Français sur 10 pourrait être concerné par l'opération selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. L'opération permet aussi de les conserver légalement en procédant à leur déclaration.

RMC a rencontré Christian dans une armurerie. Il possède trois fusils, encore dans leur étui, qu'il a trouvé chez son beau-père décédé. Pour lui et sa femme, il s'agit plus d'un fardeau qu'un cadeau. "On les a trouvées dans la cave. La démarche est de savoir ce qu'on en fait car une arme, ça fait peur".

Des cas comme celui-ci, Yves Gollety, armurier à Paris et président du syndicat de sa profession, en voit fréquemment. "Au moins un cas ou deux par semaine. Si ce sont des armes de catégorie B, il faut passer par un commissariat donc c'est un peu contraignant."

300 points ouverts pendant une semaine

Ces mesures contraignantes seront donc levées pendant cette opération nationale. L'objectif, c'est de faciliter l'abandon d'arme, avec l'objectif d'éviter les drames, comme l'explique Jean-Simon Mérandat, chef du service des armes au ministère de l'Intérieur.

"Un tiers des féminicides environ sont causés par des armes à feu. Dans la quasi-totalité des cas, elles n'étaient pas déclarées. Donc s'il y a des armes à la maison et qu'on ne les utilise pas, qu'on n'est pas chasseur par exemple, on les abandonne à l'Etat ou dans tous les cas on les enregistre", explique-t-il.

300 points seront ouverts jusqu'à vendredi prochain pour venir rendre ses armes, sans aucun risque de poursuite, comme l'explique Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC. Ainsi, rien ne sera demandé au moment de la restitution pour "simplifier les choses" et mettre ces armes hors d'usage.

"C'est la première fois que l'on fait ce type d'opération de régulation en métropole, pour mieux réguler. Il n'y aura ni poursuites administratives ou pénales", promet-elle, expliquant que les armes collectées seront soumises à destruction ou offertes à un musée selon leur état.

J.A.