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Ils s'approprient la mort de mon fils pour cautionner leur mouvement, dénonce Nadia, mère de Thibaut, tué sur un barrage de gilets jaunes

La mère refuse que les "gilets jaunes" utilisent l'image de la mort de son fils pour dénoncer les violences. Elle a décidé de sortir de son silence pour dénoncer le mouvement.

C’est la première fois que Nadia prend la parole. Son fils, Thibault a perdu la vie sur un barrage de "gilets jaunes". C’était à Arles, lors du troisième week-end de mobilisation. De très nombreux ronds-points sont alors occupés à l'époque. Des barrages filtrants sont organisés jour comme nuit. 

Il est 2h et demi du matin, le 2 décembre. Thibault rentre du travail. En plus de ses missions d’intérim, il fait des extras pour un traiteur. Ce soir-là, il a préparé une paella à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Il regagne Nîmes, dans le Gard, à bord de son véhicule de travail.

Arrivé à hauteur d’Arles, il y a un barrage qui provoque un embouteillage depuis plusieurs heures avec près de 10 km de bouchon. Les poids-lourds ont éteint leur feu. Thibault ne les voit pas. 

Il en percute un par l’arrière, avant d’être lui-même percuté par le véhicule qui arrivait derrière lui. Selon le procureur, le choc a été "très violent". La fourgonnette de Thibault a percuté de plein-fouet le poids-lourd qui a avancé de plusieurs mètres.

Sa mère explique qu’il lui a fallu un temps avant de pouvoir s’exprimer, mais qu’elle est sortie de son silence après avoir découvert un article sur internet.

"Les ‘gilets jaunes’ ont brandi une pancarte lors de l’acte 10 avec la date de la mort de mon fils, avec écrit ‘RIP, Arles, etc’, et ça m’a mis tout simplement hors de moi", témoigne Nadia. 

Selon elle, Thibaut n’est pas décédé des violences dans les manifestations, il est décédé à cause de leur violence à eux et dont ils se dédouanent complètement. "De quel droit ils s’approprient la mort de mon fils pour cautionner leur mouvement?", s’indigne-t-elle. 

Aucune prise de conscience

La mère de Thibaut est au RSA, sans emploi, pourtant, elle affirme que dès le début du mouvement elle ne s’est pas sentie "gilet jaune". Elle leur reproche notamment leur manière de se mobiliser.

"Toutes les actions qu’ils font sont hors la loi. Ce n’est pas moi, je ne m’identifie pas à ces actions-là", explique. "Il faut qu’ils arrêtent de dire qu’ils parlent pour tout le monde", poursuit-elle.

Il dénonce l’absence de prise de conscience des "gilets jaune" malgré les nombreuses victimes.

"Mon fils n’était pas le premier à décéder sur un barrage, c’était la troisième victime. Ils ne prennent aucune responsabilité. Quand je les vois en train de pleurer à la télé pour dire ‘mon fils a perdu un œil’... mais ils sont allés la chercher cette violence. Mon fils rentrait juste du travail, il n'avait pas bu ni rien. C’est leur barrage qui est la cause de la mort de mon fils", conclue-t-elle. 
Guillaume Descours