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Incendie à Paris: les policiers étaient intervenus peu de temps avant pour un différend de voisinage

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Un incendie a fait au moins dix morts et une trentaine de blessés dans la nuit de lundi à mardi dans le XVIe arrondissement de Paris. La piste criminelle est envisagée après un différend de voisinage.

Un incendie s'est déclaré dans rue Erlinger dans le XVIe arrondissement de Paris dans la nuit de lundi à mardi et une dispute entre voisins pourrait être à l'origine des événements qui ont conduit à ce drame qui a fait au moins 10 morts.

Selon nos informations, les policiers ont été avisés à 00h10 d'un différend de voisinage. Un jeune homme de 22 ans a appelé le 17 pour des problèmes avec sa voisine de palier car elle mettait sa musique trop fort. Trois agents de police secours arrivent sur les lieux rapidement.

Au deuxième étage, ils constatent une porte ouverte. Une femme en sort en tenant des propos incohérents. Elle accuse son voisin de palier d'avoir cassé sa porte. Les policiers pénètrent dans l'appartement et constatent le désordre. La locatrice change alors de version et dit avoir été victime d'un cambriolage.

Le couple de voisins affirme que la personne est "folle" et craignaient qu'un accident se produise un jour

Le jeune homme qui a prévenu la police affirme que sa compagne est allée dans la soirée frapper à la porte de sa voisine pour demander qu'elle baisse la musique. Et il explique que cette voisine a jeté une bouteille de verre sur le volet de sa fenêtre.

D'après les policiers sur place, le jeune homme et sa compagne ont décidé de passer la nuit ailleurs. Le couple affirme que cette voisine est complètement "folle" et craignent qu'il y ait un jour un accident. Avant de repartir les policiers s'assurent que la voisine incriminée ait bien regagné son logement et qu'elle a refermé la porte derrière elle.

L'intervention a duré 20 minutes environ. Les policiers avisent leur direction que même si la voisine présenté des troubles psychiatriques elle est restée calme tout le temps de l'intervention. Pour eux, aucune mesure particulière ne s'impose étant donné que le voisin qui les a sollicités a quitté les lieux.

La femme a déjà fait l'objet de trois procédures judiciaires, dont une pour tentative d'incendie: c'était dans un magasin parisien en 2016. Une autre pour violences. Deux procédures avaient d'ailleurs été classées sans suite en raison d'un "état mental déficient". 

"Elle a dû mettre le feu chez moi pour se venger"

Quentin L., le voisin de la personne suspectée d'être à l'origine de cet incendie, a expliqué ce mardi au Parisien qu'il avait "cru que les policiers l'avaient embarquée" et qu'il est donc "revenu" dans l'immeuble. C'est là qu'il assure tomber "nez-à-nez" avec la voisine. 

"Après le départ des policiers, elle a essayé de défoncer ma fenêtre et ma porte pour se venger. Un voisin m’a expliqué qu’il y avait du papier devant ma porte avec du bois. Elle a dû mettre le feu chez moi pour se venger."

Placée en garde à vue le matin dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite des faits commis ce jour rue Erlanger, la personne a été admise, à l'issue d'un examen médical et d'un examen de comportement, à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP) dans l'après-midi. Sa garde à vue a été levée, comme nous l'a confirmé le parquet de Paris. 

Marion Dubreuil (avec James Abbott)