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INFO RMC - Des policiers de la SDAT demandent de ne pas utiliser leur identité lors de leurs missions

Des policiers de la SDAT, demandent de ne pas utiliser leur identité lors de leurs missions (illustration)

Des policiers de la SDAT, demandent de ne pas utiliser leur identité lors de leurs missions (illustration) - MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Les policiers qui travaillent sur le terrorisme sont-ils trop exposés? Plusieurs rapports ont été adressés à la direction centrale de la police judiciaire par des policiers de la SDAT, la Sous-direction antiterroriste, demandant à ce qu'ils n'utilisent plus leur identité lors de leurs missions.

Lorsqu'ils louent des voitures, des chambres d'hôtels, ou lorsqu'ils prennent l'avion, les policiers de la Sous-direction antiterroriste, la SDAT, utilisent leur vraie identité. Or, à plusieurs reprises leur qualité de policier a été découverte par les sociétés privées en question. Un risque inconsidéré compte tenu de la matière sur laquelle ils travaillent selon certains de ces enquêteurs. "Le service ne doit pas attirer l’attention pendant nos opérations extérieures, cela risquerait de compromettre la sécurité des fonctionnaires" peut-on lire sur un rapport adressé à la direction centrale de la police judiciaire et que nous avons pu consulter. Ces policiers inquiets demandent donc le droit d'utiliser une identité de substitution. En clair, un passeport ou un permis de conduire avec de faux noms.

Actuellement ce n'est possible que pour les policiers de la DGSI, la sécurité intérieure. Même ceux des renseignements territoriaux (SCRT) n'y ont pas accès, alors qu'ils travaillent pourtant, eux aussi, sur des individus radicalisés et qu'ils peuvent être habilités secret défense. "Parfois les chambres d'hôtel sont réservées au nom du Ministère de l'Intérieur, rapporte une source syndicale. Une aberration compte tenu du besoin de discrétion."

Dans les rapports envoyés à leur direction, les policiers de la SDAT demandent aussi à être retiré des annuaires administratifs et à pouvoir donner l’adresse de de leur préfecture lors de l'immatriculation de leur voiture personnelle. Mais, attention à ne pas tomber dans la paranoïa mettent en garde les syndicats d'officiers de police. Ils reconnaissent toutefois un problème de fond puisqu'ils font face une demande importante d'anonymat de la part de leurs adhérents, surtout depuis l'attaque au domicile des policiers de Magnanville. Une demande qui touche de nombreux services. Une source au sein de la direction générale de la police nationale appelle à la mesure: la plupart des policiers de ces services ne font pas une telle requête. 

Claire Andrieux