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Insécurité dans les villes moyennes: "J'en ai assez qu'on parle de 'sentiment', c'est un mot de politique pour se disculper", déplore un syndicaliste

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Dans certaines villes moyennes et parfois même rurales, l'insécurité augmente. Et contrairement à ce qu'assurait il y a quelques semaines le garde des Sceaux, c'est bien une réalité et non un sentiment, insiste sur RMC un syndicaliste policier.

Des mâts de vidéosurveillance détruits par des engins de chantier à Montbéliard, un quartier gangréné par le trafic de drogue à Dijon, des violences urbaines à Oyonnax, les villes moyennes et même des villes rurales sont elles aussi confrontées à des difficultés dans certains quartiers.

Et les premières victimes les habitants de ces quartiers s'estiment pris en otage: "Ils ne supportent plus cette vie-là, sont excédés de voir le trafic de drogue se faire sous leurs yeux, les empêchant de vivre créant un climat d'insécurité bien réel", déplore sur RMC David-Olivier Reverdy, secrétaire national province du Syndicat Alliance Police Nationale.

"Il n’y a pas de sentiment d’insécurité. J'en ai assez qu'on parle de sentiment, c'est des phrases de politique pour se disculper. Il y a de l’insécurité dans ce pays, il faut le dire et l’assumer. Monsieur Dupond-Moretti parle de sentiment parce que c'est plus facile et que ça sous-entend que ça n'existe pas et que c'est dans la tête des gens", déplore-t-il.

Des peines de prison peu "dissuasives"?

Alors comment lutter contre cette insécurité qui touche des quartiers jadis épargnés? En tout cas David-Olivier Reverdy l'assure, la police agit: "Depuis septembre, il y a eu 88 interpellations dont 32 liées au trafic de stupéfiant, dans le quartier de Greuze près de Dijon", où les habitants vivent dans la peur des trafiquants qui ont investi les halls et les cages d'escalier.

"La police œuvre particulièrement bien sur Dijon, nos collèges sont au charbon sur cette thématique comme sur toutes les thématiques d'ailleurs. Mais il y a beaucoup de sujet on ne peut pas être partout. La seconde chose c'est que le le temps des trafiquants qui est un temps quotidien n’est pas le temps de la police ni celui de la justice", précise David-Olivier Reverdy.

Enfin, il déplore "le temps de la justice" et des peines peu adaptées. Il plaide pour une simplification de la procédure pénale et réclame de la justice des peines "dissuasives".

G.D.