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"J’ai mis du temps avant de pouvoir vraiment accepter": le témoignage de Marie, gardienne de la paix, qui a tenté de stopper les frères Kouachi

Pendant la fuite, après la tuerie dans la rédaction de Charlie Hebdo, ils ont croisé plusieurs équipages de police, qui ont subi le feu dévastateur de leurs armes de guerre.

La troisième semaine du procès des attentats de janvier 2015 a commencé par l'audition de la famille d'Ahmed Merabet. Ce policier a été assassiné à bout portant par les frères Kouachi, boulevard Richard Lenoir, en fuyant les locaux de Charlie Hebdo.

Face au portrait d'Ahmed Merabet, diplômé de l'école de police, quatre des femmes de sa vie décrivent leur "existence assombrie" depuis l'assassinat de ce "pilier de la famille". Des sœurs et une compagne qui ont vu à la télé l'exécution d'un policier ce 7 janvier, sans d'abord savoir que c'était Ahmed. 

"Le monde entier s'en souvient comme d'un homme à terre, mais moi, je m'y refuse", dit sa compagne. "Mon frère était musulman, il défendait les valeurs de la république et a été assassiné lâchement en faisant son devoir", tonne sa soeur ainée. Ce jour-là était son dernier jour sur le terrain. 

"Ils étaient sur-armés"

À la barre, ses collègues ciblés eux aussi par les terroristes, expriment tous leur culpabilité. Marie était gardienne de la paix dans le 11e arrondissement lorsqu'elle est intervenue sur l'attentat de Charlie Hebdo, elle a tiré à 3 reprises sur les frères Kouachi en vain. 

“J’ai vu les frères Kouachi sortir, tirer dans notre direction. J’ai riposté à trois reprises sans pouvoir malheureusement les atteindre ce qui aurait peut-être pu empêcher le drame qui s’est par la suite. Et même en ayant refait la scène il n’y avait rien d’autre à faire. Ils étaient sur-armés, ils avaient des gilets pare-balles lourds. Avec les armes de service qu’on a, c’est quasi impossible de pouvoir les atteindre. J’ai mis du temps avant de pouvoir vraiment accepter l’événement et me dire que ne pouvais pas faire autrement”, assure-t-elle.

Face à ces témoignages, les accusés expriment un à un leur "compassion". Sur les bancs, la famille d'Ahmed Merabet, reste impassible, fermée, les bras croisés.

Gwladys Laffitte avec Guillaume Descours