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"Je me suis senti comme un punching-ball": un rapport choc dénonce les violences sur les détenus

DOCUMENT RMC - Un rapport de l'Observatoire international des prisons point du doigt les violences commises par les surveillants à l'encontre des détenus. Ces violences sont souvent occultés par l'omerta qui règne aussi bien chez les prisonniers que le personnel pénitentiaire.

C’est le nouveau rapport choc. L’observatoire international des prisons (OIP) publie ce lundi un dossier sur les violences commises par les personnels pénitentiaires sur les détenus. Jusqu'ici le phénomène n'avait pas été mesuré car il n'existe aucune donné officielle, selon l'OIP.

Samuel, ancien détenu raconte avoir subi ces violences. Placé en quartier disciplinaire après une altercation avec un surveillant, événement qui doit donner lieu à une enquête, il explique avoir été agressé par trois surveillants, qui justifient le recours à la force par un refus d’obtempérer de la part du détenu. Ce dernier raconte alors s’être fait agresser violemment:

"Ils m’ont emmené en me tirant par la tête"

"Il y en a un qui m’a attrapé par le cou et l’autre par les hanches. Ils m’ont emmené en me tirant par la tête et là l’un d’eux m’a mis une sorte de claque/coup de poing dans l’œil. Il me l’a fait six ou sept fois", explique-t-il à RMC.

Samuel dit ensuite avoir été laissé 10h en cour de promenade, en t-shirt et caleçon en plein hiver. C'était il y a 5 ans mais le souvenir de cette humiliation est toujours présent: "Je me suis senti comme un objet, un punching-ball, comme si j’étais un sous-citoyen, comme s’il s’était défoulé sur moi", témoigne-t-il.

"Le corps des surveillants est un corps extrêmement solidaire"

Samuel a porté plainte, elle est toujours à l'instruction, mais peu de détenus le font. En prison, l'omerta fait loi, aussi bien chez les surveillants que chez les détenus : "Le corps des surveillants est un corps extrêmement solidaire. Ceux qui décident de dénoncer le comportement de leurs collègues s’exposent à des formes de représailles", explique Cécile Marcel, directrice de l'observatoire international des prisons en France. Elle espère que le rapport brisera le tabou, seul moyen d'apaiser les tensions en prison.

Le rapport de l'OIP met en lumière plusieurs types de violences: "Des violences perpétrées par des détenus mais avec la complicité de personnels de surveillance, des violences préméditées, qui prennent parfois la forme de véritables expéditions punitives, et, plus rare, des violences systémiques, portées par un groupe de personnes et rendues possibles par le silence, voire la complicité, de leurs supérieurs hiérarchiques".

Gwladys Laffitte (avec Guillaume Dussourt)