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Kohlantess à Fresnes: "Je ne vois pas où est le scandale" assure la contrôleuse générale des prisons

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, défend le "Kohlantess" organisé à la prison de Fresnes fin juillet.

Des défis entre détenus et surveillants, avec notamment des tours de karting dans l’enceinte de la prison de Fresnes. Le "Kohlantess" organisé le 27 juillet, autorisé par le directeur, fait polémique depuis la publication des images en fin de semaine dernière. Mais pour Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, il n’y a rien de choquant à voir des détenus participer à ces jeux.

"Moi, je suis choquée par les réactions de ceux qui se disent choqués, explique-t-elle ce lundi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Je pense que c’est de la mauvaise foi. Ça vient de gens qui connaissent parfaitement la prison et qui savent que la vie en prison, ce n’est pas absolument pas ça. La vie en prison, c’est 72.000 détenus en France, il n’y en a jamais eu autant. A Fresnes, ils sont deux à trois par cellule, dans des cellules minuscules, infestées de punaises de lit et de cafards. Ils sont 20 heures sur 24 en cellule, entassés, de quoi devenir un peu dingue… Et une journée dans leur vie de prisonnier, il y a ça. Je ne vois pas où est le scandale."

Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, a annoncé l’ouverture d’une enquête, alors que ses services étaient au courant de l’organisation de ce "Kohlantess". "Je pense qu’il a réagi à tous les tweets scandalisés qui affleuraient et peut-être qu’il ignorait qu’il y avait cette épreuve de kart, estime Dominique Simonnot. Mais cette épreuve de karting, elle vient après d’autres épreuves. Il y a des quizz, des jeux… C’est bon enfant et au profit de trois associations caritatives, qui s’occupent d’enfants malades ou dont les parents sont en prison. Je trouve que c’était plutôt beau."

"Le vrai scandale en France sur les prisons, c’est la surpopulation"

Selon la contrôleuse générale des prisons, "le vrai scandale de Fresnes, c’est 145% de sur-occupation, deux à trois détenus par cellule 20 heures sur 24". "Le vrai scandale en France sur les prisons, c’est la surpopulation, souligne-t-elle. Là, on nous crée un débat un peu fictif. Il y a d’autres animations en prison, ça arrive. C’est toujours un peu exceptionnel et pas assez de détenus peuvent y participer. Il y a des matchs de foot entre détenus et surveillants, entre détenus et avocats, des petites manifestations sportives, des sorties en VTT…"

"La réinsertion, ça passe par tout ce qui peut faire du bien, remettre du lien, dans la prison, ajoute Dominique Simonnot. Remettre du lien entre surveillants et détenus, ça évite certainement beaucoup de violences. C’est se sentir un peu mieux. Ils se sont éclatés pendant une pauvre journée de leur vie de détenus. Ils ont rigolé avec les surveillants. Je pense que ça participe plus à la réinsertion que d’être entassé à trois dans la cellule. Et ça a coûté zéro à nos impôts. C’est la production qui a tout payé."

LP