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Le meurtrier d'Yvan Colonna "voulait se payer quelqu'un de connu", estime le directeur de la prison

Le meurtrier d'Yvan Colonna "voulait se payer quelqu'un de connu", estime le directeur de la prison

Le meurtrier d'Yvan Colonna "voulait se payer quelqu'un de connu", estime le directeur de la prison - Emmanuel DUNAND / AFP

Le directeur de la prison d'Arles, où a été agressé mortellement Yvan Colonna par un autre détenu le djihadiste Franck Elong Abe, s'est exprimé ce mercredi lors d'une audition devant la commission des lois. Selon lui, l'acte était motivé par une volonté d'exposition.

Le meurtrier d'Yvan Colonna à la prison d'Arles "voulait se payer quelqu'un de connu", a estimé mercredi le chef de cet établissement à l'Assemblée nationale, disant ne pas croire à l'explication d'un "blasphème" prononcé par le détenu corse.

"Jusqu'au 2 mars, aucun de vous n'en avait entendu parler. Qu'est-ce qu'il pouvait faire pour être connu et pas être le petit jihadiste inconnu parmi X en France? Agresser (...) qui, sinon le plus connu sur la prison, Yvan Colonna", a déclaré Marc Ollier lors d'une audition devant la commission des lois.

"C'est mon sentiment, c'est mon impression, je n'ai pas de preuves", a ajouté celui qui a pris ses fonctions le 1er mars, veille de la violente agression d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998 à Ajaccio. Tombé dans le coma après son agression, Yvan Colonna est décédé le 21 mars.

Son meurtrier, Franck Elong Abe, 36 ans, arrêté par les Etats-Unis en Afghanistan et condamné notamment pour "association de malfaiteurs terroriste", était incarcéré depuis 2019 à la maison centrale d'Arles, après un parcours chaotique dans plusieurs autres établissements.

Une attitude "dégueulasse"

Il a expliqué aux enquêteurs avoir agressé Yvan Colonna dans la salle de sport de la prison "pour riposter contre celui qui a blasphémé", assurant que son co-détenu avait tenu des paroles offensantes "cinq ou six fois".

"Ca ne me paraît pas très crédible. C'est quelqu'un qui était très ouvert avec les détenus musulmans, même ceux qui ne partageaient pas les mêmes opinions que lui", a assuré Marc Ollier.

Le chef d'établissements s'est dit très ému depuis le visionnage de l'agression, filmée par les caméras de surveillance. Sur ces quelques minutes, l'attitude de Franck Elong Abe est "dégueulasse", a-t-il lâché. "C'est très froid", il ne prononce "pas un mot". Yvan Colonna qui était allongé en train de faire des pompes "ne pouvait pas se défendre".

Interrogé par les députés, il a démenti que certains détenus aient entendu des "cris", mentionnant seulement des "petits bruits comme quelqu'un qui halète parce qu'il fait du sport".

L'agent chargé de la surveillance de l'étage d'"activités", qui comprenait huit salles, a laissé Franck Elong Abe seul après avoir déverrouillé la porte de la salle de sport parce qu'il a donné la priorité à d'autres salles, où se trouvaient des intervenantes extérieures avec plusieurs détenus, dont certains avec des problèmes psychiatriques, a-t-il aussi expliqué.

la rédaction avec AFP