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"Le préfet Lallement est responsable": Denis Jacob réclame une enquête sur la responsabilité des autorités après l'évacuation du camp Place de la République

Il estime que si certains gestes n'ont rien à faire dans la police. Cependant il pointe du doigt les autorités qui n'ont pas géré l'évacuation de ce rassemblement illégal de la bonne manière.

Deux enquêtes pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique", ouvertes mardi par le parquet de Paris après les violences observées lors de l'évacuation de migrants lundi soir place de la République.

Lundi soir, plusieurs centaines d'exilés se sont installés dans des tentes place de la République, une action symbolique menée par l'association d'aide aux migrants Utopia 56. Les forces de l’ordre ont évacué la place, mais des images tournées montrent des actes de violences policières dont notamment un policier qui fait gratuitement un croche-patte à un migrant. 

Pour Denis Jacob, secrétaire général du syndicat alternative police CFDT, il y a bien eu des actes non-acceptables lundi soir. 

“On ne va pas nier l’évidence qu’il y a, de la part de certains policiers minoritaires, des actes qui ne sont pas acceptables, qui n’ont pas leur place dans la police nationale et qui sont qualifiés de violences policières. Ce que j’ai vu, comme beaucoup d’autres collègues, n’a pas sa place dans la police nationale. On ne peut se comporter comme cela même si, je le répète, cela reste minoritaire dans notre institution”, indique-t-il au micro de RMC. 

Ce rassemblement n’a pas été géré comme il aurait dû l’être

Il dénonce également la manière dont l’évacuation de ce rassemblement illégal a été traité et s’en prend directement au Préfet Lallement dont certains responsables politiques ont demandé la démission mardi. 

“Le préfet Lallement n’est pas coupable, c’est un mot trop fort, par contre il est responsable. Ce rassemblement n’a pas été géré comme il aurait dû l’être. Les effectifs qui sont intervenus ne sont pas les effectifs habituels qui interviennent sur une question de maintien de l’ordre. Il y a une enquête qui est diligentée contre des policiers qui ont des gestes, moi, je demande aussi que l’IGPN établisse aussi clairement les responsabilités des autorités qui ont pris les décisions de gérer ce rassemblement comme ça a été géré”, affirme le syndicaliste.

Il rappelle également que si ce rassemblement était illégal, il était surtout organisé et monté de toute pièce. “il faut remettre tout ça dans un contexte global de la gestion de cet événement. Celui-ci avait été préparé par un collectif connu comme activiste. Ils avaient donc préparé, organisé, un rassemblement illégal. Ce n’est même pas une provocation, c'est un buzz politico-médiatique à la veille de l’examen d’une loi polémique à l’Assemblée nationale. Je dénonce la manipulation de cette misère sociale parce que quand les campements étaient le long du périphérique, on laissait faire, mais là, on est Place de la République, dans le IIIe arrondissement de Paris, donc il faut aller vite”, appuie-t-il. 

Une des enquêtes ouvertes mardi vise des faits de "violences" soupçonnés des policiers sur un migrant, l'autre sur un journaliste Rémy Buisine du média Brut.

Guillaume Descours