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"Le syndicat de police Alliance est toujours dans l'attaque de la justice", tacle Marie-Anne Soubré

Le policier auteur des tirs qui ont provoqué la mort de deux personnes, dimanche soir sur le Pont-Neuf à Paris, a été mis en examen pour homicide volontaire. Une décision inadmissible pour le syndicat de police Alliance.

Une décision de justice "inadmissible". Le syndicat de police Alliance a dénoncé mercredi la mise en examen pour homicide volontaire du policier qui a tiré sur une voiture qui tentait de se soustraire à un contrôle, tuant deux hommes dimanche soir sur le Pont-Neuf à Paris.

"On ne comprend pas la décision du magistrat, c’est une décision pour nous inadmissible. Dans les textes qui régissent la légitime défense, un policier a le droit de faire usage de son arme quand un véhicule lui fonce dessus", assure à RMC Yoann Maras, secrétaire régional du syndicat Alliance. Pour protester, le syndicat appelle à un rassemblement lundi à Saint-Michel à Paris, "face au tribunal de Paris".

Si l'avocate Marie-Anne Soubré déplore que le syndicat ne sache pas que le tribunal de Paris a déménagé depuis plusieurs années, quittant ses locaux historiques de l'île de la Cité, elle déplore également la position d'Alliance, "toujours dans l'attaque de la justice".

"Le Syndicat Alliance est le premier à parler de justice laxiste. Alliance n’est jamais dans son rôle, ils sont toujours dans l’attaque de la justice, de façon complètement aveugle. Ils savent très bien que lorsqu’il arrive quelque chose, il faut nécessairement une enquête. Dans la logique des choses, il y a des mises en examen", explique-t-elle ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

L'auteur des tirs, un gardien de la paix de 24 ans, a également été mis en examen pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner", s'agissant du passager avant, et pour "violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l'autorité publique" envers le passager arrière, un homme de 42 ans, qui a survécu à la fusillade.

"Les policiers vivent des moments intenses et difficiles, la nuit"

"Il y a un refus d’obtempérer, il y en a 30.000 par an", rappelle Bruno Pomart, ancien policier du RAID. "Retenir la légitime défense, oui pourquoi pas. La seule chose qu’il faut, c’est qu’il y ait un élément factuel. Là, le juge s’interroge: était-il possible d’éviter cette réaction de légitime défense en s’écartant et laisser passer la voiture?", ajoute-t-il.

"Les policiers vivent des moments intenses et difficiles, la nuit. Là, on a affaire à un véhicule à contresens, qui redémarre quand les policiers arrivent. Il y a beaucoup d’éléments qui font que les policiers sont sur le qui-vive", tempère Bruno Pomart.

L’arme est aussi mise en cause. Le policier était équipé d'un HK G36, un fusil d'assaut qui équipe policiers et gendarmes depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris pour être en mesure de riposter aux tirs de kalachnikov.

Selon Le Parisien, le policier aurait tiré de nombreuses balles, son fusil n'étant pas sur le mode coup par coup, tirant en conséquence deux balles à chaque rafale. Des munitions de calibre 5.56, "très, très puissantes" utilisées habituellement par les groupes d’intervention, précise Bruno Pomart, qui rappelle que les policiers, même jeunes, sont formés au maniement de l'arme.

Le conducteur de la voiture, âgé de 25 ans, avait été retrouvé inerte au volant, et son passager avant, 31 ans, découvert allongé sur le sol, à droite de la voiture. Tous deux nés à Paris et résidant dans le 20e arrondissement de la capitale, ils étaient connus des services de police, notamment pour des affaires de stupéfiants. Ils sont morts sur place malgré les soins prodigués par les services de secours.

G.D.