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Les victimes de Nice peinent à se relever: "On est en grande souffrance psychologique"

TÉMOIGNAGE - Le soir de l'attentat, Vincent serveur dans une brasserie a accueilli une foule en panique dans l'établissement. Encore choqué, il a repris le travail mais supporte difficilement d'être quotidiennement sur les lieux drame.

Près d'une semaine après l'attaque du 14 juillet, Vincent a toutes les images en tête. Le soir de l'attaque qui a fait 84 morts, le camion s'est arrêté à 20 mètres de la brasserie dans laquelle il est serveur. De nombreuses personnes terrorisées se sont précipitées à l'intérieur du restaurant que le personnel a sécurisé. Marqué par ce qu'il a vu ce soir là, Vincent reconnaît sur RMC être "en en grande souffrance psychologique". Alors que la vie reprend progressivement son cours à Nice, Vincent est lui aussi retourné au travail et fait face comme il peut.

"On a repris nos activités, parce que la promenade des Anglais c'est les Champs-Elysées à Paris et qu'il faut que l'activité reprenne et continue, mais c'est insoutenable de se retrouver là 10 heures par jour en face de cet endroit, avec des badauds qui s'arrêtent prendre des photos, qui nous questionnent, c'est quelque chose de très dur à supporter", reconnaît Vincent.

"A 50 ans, je ne pensais pas vivre des scènes de guerre"

Depuis vendredi, il suit des soins psychologiques. Après ce nouvel attentat meurtrier, une rupture s'est opérée pour lui.

"Je suis d'une génération qui n'a pas connu la guerre, mes parents l'ont connue et nous ont raconté les effrois qu'ils avaient vécu et sincèrement à 50 ans aujourd'hui je ne pensais pas un jour ou l'autre vivre des scènes de guerre en France", poursuit-il. 

Conscient que les Français risquent de nouveau d'être confrontés au terrorisme, il veut néanmoins garder espoir en l'avenir.

"On a un très long chemin qui a commencé avec un devoir de mémoire pour les victimes de ces tocards et à nous les rescapés d'en être les témoins, de ne pas laisser la haine nous envahir, autrement ils auront gagné", estime Vincent.

Il adresse également un message aux hommes politiques: "il ne faut pas qu'ils engagent de polémiques, il faut qu'ils nous resserrent les uns et les autres. Personne ne doit revivre ce genre de choses, plus jamais".

C. B