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Malgré sa condamnation, la Droite soutient encore Nicolas Sarkozy mais arrête de rêver d'un retour en politique

Reconnu coupable de corruption et de trafic d'influence, Nicolas Sarkozy a été condamné à 3 ans de prison dont un ferme. Il a fait appel de la décision du tribunal.

Un jugement sans précédent: Nicolas Sarkozy est devenu le premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme, à un an pour "corruption et trafic d'influence" dans l'affaire dite des "écoutes", une décision dont il va faire appel. Avant lui, seul Jacques Chirac avait été sanctionné par la justice, condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris. 

Nicolas Sarkozy, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption", va faire appel de sa condamnation à trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis - une peine aménageable.

L'ex-chef de l'Etat est "combattif, calme et déterminé, il a pour lui la vérité il souhaite qu'elle éclate", a assuré sur BFMTV son avocate Jacqueline Laffont, qui table sur un prochain procès d'ici un an. 

“Ce jugement ne se fonde pas sur des preuves puisqu'il n’y en a pas et ça, c’est quelque chose que vous devez retenir. Un jugement, normalement, retient des preuves, un jugement identifie des preuves et là nous avons un tribunal qui a été dans l’incapacité de trouver des preuves et qui fait appel à un faisceau d’indices. C’est quand même rarissime et je pense que ça se passe de commentaire”, a-t-elle appuyé.

Retiré de la politique depuis 2016 mais toujours très populaire à droite, un an avant le prochain scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy est sous forte pression judiciaire. Il est mis en cause dans plusieurs dossiers, dont celui portant sur des soupçons de financement libyen de sa campagne victorieuse de 2007. 

Un soutien indéfectible à droite

Malgré cette condamnation, la Droite fait bloc derrière son ancien leader. De Bruno Retailleau à Xavier Bertrand en passant par Christian Jacob l'actuel patron des Républicains qui apporte son soutien indéfectible à l'ancien de l'Etat et dénonce un acharnement judiciaire.

L'actuel ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, un ancien proche de Nicolas Sarkozy, a même rappelé toute l'affection et le respect qu'il avait pour l'ancien président.

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Très peu à droite veulent évoquer publiquement les conséquences politiques de cette condamnation. Mais c'est bel et bien la fin d'un fantasme, d'un espoir même pour certains cadres des Républicains, celui d'un retour en politique de l'ancien chef de l'Etat. 

Face à l'absence de candidat naturel pour 2022, il se murmurait ces derniers mois que Nicolas Sarkozy pourrait être un recours à droite.

Avec cette condamnation et le procès en appel qui ne devrait pas avoir lieu avant l'an prochain, "on ne peut plus décemment y croire" nous confiait lundi un député proche de l'ancien président.

Pierrick Bonno avec Guillaume Descours