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Meurtre de Kevin: la suspecte libérée à cause d'un vice de procédure, les parents réclament des sanctions

Un dossier qui n'a pas été envoyé à la défense a causé la remise en liberté de la principale suspecte du meurtre de Kévin à Mourmelon (Marne) en juin 2018. Les parents demandent des comptes au ministère de la Justice.

Les parents de Kevin, poignardé à mort en juin 2018 dans un parc de Mourmelon-le-Grand (Marne), exigent des sanctions après la remise en liberté le 13 juin dernier d'une adolescente suspectée d'avoir orchestré, avec un complice, l'assassinat de leur fils de 17 ans.

Elle avait été placée en détention provisoire il y a un an, mais la prolongation de cette détention a été annulée à cause d'un vice de procédure. D'ici là, la jeune femme reste libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le département du Nord où elle était jusqu'ici incarcérée.

"Nous exigeons qu'une enquête ait lieu pour déterminer les responsabilités de chacun et que des sanctions soient prises", écrivent Angélique et Franck Chavatte le parents du jeune homme dans un courrier adressé le 19 juin à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. 

Ils ont décidé de demander des explications et des sanctions à la ministre

"Nous n'acceptons pas qu'une telle erreur ait pu se produire". La justice avait été contrainte de prononcer l'annulation de la détention provisoire de l'adolescente parce que les avocats de la défense n'avaient pas eu communication de l'intégralité du dossier d'instruction.

Pour Me Fanny Quentin, avocate des parents de Kevin, il faut que les responsables de cette faute administrative très lourde de sens paient.

"C’est tout simplement l’omission d’envoyer un dossier en recommandé qui entraîne la remise en liberté d’une mineure mise en examen du chef d’assassinat. Ils ont décidé de demander des explications et des sanctions à la ministre pour que les personnes qui ont failli dans leur mission puissent en répondre. 
C’est inacceptable pour eux mais aussi pour leurs deux autres enfants. On a dû leur expliquer que la jeune fille qui a commandité l’assassinat de leur frère a été remise en liberté. C’est aberrant."
Jean-Baptiste Bourgeon (avec James Abbott)