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Meurtre de Stéphanie à Hayange: malgré des signalements, le procureur de Metz réfute tout "dysfonctionnement judiciaire"

La victime avait pourtant déposé une main courante en janvier 2020 et une plainte en novembre 2020 contre son conjoint, un réfugié politique serbe de 23 ans.

Y a-t-il eu un problème de suivi? Depuis l'annonce de la mort de Stéphanie, jeune maman de 22 ans poignardée en pleine rue par son compagnon à Hayange en Moselle, de nombreuses questions restent en suspens.

Le procureur de la République de Metz a réfuté mardi tout "dysfonctionnement des services judiciaires" au lendemain du féminicide d'Hayange, tout en reconnaissant que, "dans un monde idéal", des plaintes déposées par la victime à l'encontre de son conjoint violent auraient dû être signalées au parquet. Le suspect n'était pas identifié par la justice "comme un conjoint violent", a martelé Christian Mercuri tout au long d'une conférence de presse.

Pourtant, le comportement de l'homme suspecté d'avoir tué sa femme de 22 ans à coups de couteau dans la nuit de dimanche à lundi en pleine rue à Hayange (Moselle) avait déjà provoqué "plusieurs interventions de police secours au domicile conjugal", a concédé le procureur.

La victime avait également déposé une main courante le 14 janvier 2020, puis une plainte le 3 novembre 2020, à l'encontre de son conjoint, un réfugié politique serbe de 23 ans. Elle faisait alors état "de violences verbales, de harcèlement ou de menaces de mort", selon le procureur. Mais ces deux démarches n'ont pas été "portées à la connaissance de l'autorité judiciaire", a affirmé M. Mercuri.

"Aucun élément relatif à des violences conjugales"

Ainsi, aux yeux de la justice et malgré 9 mentions au casier judiciaire du suspect - deux pour des faits de violences remontant à 2015 et les autres pour des "délits routiers" -, celui-ci n'était "pas identifié judiciairement parlant comme un conjoint violent", a constaté le procureur. "Il n'y avait aucun élément relatif à des violences conjugales qui avait été porté à la connaissance de l'autorité judiciaire", a-t-il insisté.

Dans ce contexte, le suspect, qui purgeait depuis le 20 novembre 2020 une peine d'un an d'emprisonnement pour des délits routiers, a bénéficié d'un aménagement de peine à domicile sous surveillance électronique. Cet aménagement lui avait été accordé en appel, après un refus du juge d'application des peines en première instance. S'il avait été "identifié comme (violent), le suspect n'aurait pas reçu un aménagement de peine au domicile conjugal", a encore soutenu M. Mercuri, qui a regretté un défaut de transmission d'informations.

"Nous allons travailler avec le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice pour comprendre ce qui a pu dysfonctionner", a toutefois réagi Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, interrogée sur une éventuelle commission d'enquête par BFMTV. Il s'agit de déterminer "ce qui a pu, de nouveau, faire perdre la vie à une femme qui est morte juste parce qu'elle est femme" et que son conjoint "n'a pas accepté qu'elle décide de le quitter", a-t-elle poursuivi. 

Mercredi, un rassemblement en hommage à la victime doit se tenir à 18H00 devant l'Hôtel de Ville d'Hayange.

La rédaction de RMC avec AFP