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Moi, Joël, membre de la réserve civile: "Actuellement, on se sent vraiment utile"

TEMOIGNAGE - Dans la région Nouvelle Aquitaine, plus d’un millier de personnes sont inscrites sur les listes des réservistes, dont une centaine en Gironde. Parmi eux, Joël, un ancien des renseignements de Bordeaux, engagé dans la réserve civile depuis sa retraite, il y a huit ans.

Les attentats de Paris, et plus récemment celui de Nice, réaffirment l’attachement de Joël à son rôle dans la réserve civile, lui qui a passé 30 ans de service à la police judiciaire, puis dans les renseignements. "On ne travaille pas impunément dans une institution comme ça pendant trente ans sans avoir un petit peu une fibre patriotique", explique-t-il ce lundi sur RMC. "On veut être utile et actuellement on se sent vraiment utile", assure Joël.

Alors que François Hollande a annoncé après l'attentat de Nice que 15.000 réservistes opérationnels de gendarmerie et de police seront disponibles "d'ici la fin du mois", contre 12.000 actuellement, pour "assurer la sécurité des différents événements de l'été", Joël fait partie de la centaine de réservistes que compte la Gironde. Depuis huit ans, il renfile son uniforme une à deux fois par mois. Aujourd’hui, seul le macaron "Réserve civile" scratché sur son bras gauche le différencie des policiers actifs, malgré ses 64 ans.

Des missions multiples

"On a peut-être un peu perdu en souplesse et en force, sourit-il. Malgré tout je pense que nous avons quand même un niveau d'efficacité des plus respectables". Ce jour-là, Joël est au contrôle de l’entrée et à la surveillance des audiences du Tribunal de Grande Instance de Bordeaux. Mais, entre patrouille en centre-ville, à la gare ou autour des établissements de cultes, en réalité, ses missions sont multiples.

Alors que la réserve est ouverte aux personnes de 18 à 65 ans, que ce soient d’anciens fonctionnaires de la gendarmerie ou de la police nationale ou des personnes issues de la société civile, il ne reste donc plus qu'un an à Joël. Une situation qu’il envisage avec un peu de regret: "Je m'entretiens physiquement donc bon…" Mais, compte-tenu du contexte d'état d'urgence, Joël savoure cette dernière année au service des réserves de la police nationale. Avec toujours le même credo: être utile.

M.R avec Mila Ta Ninga