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Nuits de heurts à Limoges: "Ils n'ont plus de limites", dénonce une policière

Des camions de police stationnés dans un quartier sensible de Limoges

Des camions de police stationnés dans un quartier sensible de Limoges - PASCAL LACHENAUD

Un quartier sensible de Limoges a été marqué cette semaine par des nuits tendues et des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre.

Encore une nuit sous tension dans le quartier du Val-de-l'Aurence à Limoges. Cette zone urbaine sensible est le théâtre d'affrontements entre des dizaines de jeunes encagoulés et les forces de l'ordre, depuis lundi soir. Des renforts de CRS sont sur place depuis mardi pour tenter de ramener l’ordre dans ce quartier classé prioritaire, impacté par le trafic de drogue et une guerre de territoires autour de bandes de Mahorais. Au cours de ces violences urbaines, un policier a été légèrement blessé à une jambe et deux individus ont été interpellés.

Dans la nuit de lundi à mardi, trois voitures ont été brûlées. Les heurts ont duré près de 5 heures dans cette zone de 2.500 habitants située à l'ouest de Limoges. D’après un syndicat policier, une centaine de jeunes ont pris part aux affrontements. La plupart des individus opposés aux forces de l’ordre durant ces deux nuits sont des jeunes de 13 à 17 ans, originaires d’Afrique subsaharienne et de Mayotte.

Que s'est-il passé dans ce quartier sensible?

A 23 heures lundi, au pied des tours du quartier, une cinquantaine de jeunes se regroupe. Allume des feux de poubelles, et brûle des voitures… A leur arrivée, policiers et pompiers sont visés par des jets de bouteilles, de pierres et des cocktails molotov. François habite le quartier: "Il y avait des voitures calcinées mais surtout des cartouches de flash-ball et de grenades de désencerclement qui jonchaient le sol par dizaines", témoigne-t-il.

Mais ces tensions dans la cité ne sont pas nouvelles. "Le quartier est tenu par les jeunes, le deal, les courses de motocross...", souligne François. Zohra, riveraine, confirme: "Dehors, ça craint. C'est tout le petit vendalisme local, un ascenceur réparé, ça va être vite cassé. Les gens du quartier sont exaspérés."

Même constat du côté de la police. Elle n’arrive pas à stopper la violence de ces bandes organisées autour du trafic de stupéfiants, explique Colette Angleraud, brigadier-chef à Limoges:

"Effectivement c'est une population qui monte en agressivité. Ils n'ont plus de limites, c'est 'Open Bar' sur tout ce qu'il est possible de faire en dehors de la loi"

Colette Angleraud réclame un plan d’action de la part du gouvernement pour lutter contre cette délinquance qui perdure. Depuis deux nuits, une quarantaine de CRS intervient en renfort de la police de Limoges, avec une nuit de mercredi à jeudi plus calme.

Ambre Lepoivre (édité par J.A.)