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"On ne peut pas sortir après 23 heures, les policiers ne viennent plus": l'inquiétude des habitants de Bondy en Seine-Saint-Denis

En Seine-Saint-Denis, les habitants attendent le plan du gouvernement avec impatience et veulent des réponses liées à l'insécurité qui touche le département.

Le plan du gouvernement est très attendu dans le département le plus pauvre de France: la Seine-Saint-Denis. Ce plan comporte 23 mesures et 5 axes: l'attractivité; l'éducation, la santé, la justice et la police. Les annonces liées à ces deux derniers points seront particulièrement scrutés par les élus et les habitants.

À Bondy, la dixième ville la plus peuplée du département avec 53.193 habitants, la question de la sécurité est cruciale et l'on déplore un manque de policiers alors qu'on compte moins d'un policier pour 580 habitants dans la vile.

Leila a déjà songé à quitter la ville alors qu'elle ne se sent plus en sécurité, dans le centre-ville où elle habite depuis 8 ans avec ses 2 filles: "Quand je sors dans la rue, la journée c’est bon, mais le soir on ne peut pas dépasser 23h", assure-t-elle au micro de RMC.

"Il faut aller plus loin, il faut un plan Marshall pour les policiers"

Les policiers sont débordés et peinent à gérer les urgences: "Même si on les appelle, ils ne viennent pas. On les a appelés pour une bagarre on les attendus jusqu’à ce que les protagonistes s’en aillent". Leurs patrouilles dans les rues sont indispensables, estime Joël qui vit à Bondy depuis 2003: "Il faudrait une présence quasiment constante dans ces quartiers-là de façon à dissuader les voyous".

"On ne peut pas être partout", reconnait Erwan Guermeur, délégué syndical SGP Police en Seine-Saint-Denis qui juge que les effectifs et la prime pour fidéliser les policiers seront donc les bienvenus.

"Il y a du bon dans ces annonces mais je reste sur mes gardes. Il faut aller plus loin, il faut un plan Marshall pour les policiers de Seine-Saint-Denis. Ça passe par un plan 'batimentaire', le renouvellement des véhicules et de la formation pour les policiers", explique le policier.

Et pour s'assurer que chaque départ soit remplacé, il demande un nombre minimum de policiers par commissariat.

Caroline Philippe (avec G.D.)