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Paris: un CRS jugé aux assises, accusé d'avoir éborgné un syndicaliste

Un policier est jugé ce lundi à la Cour d'assises de Paris pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Lors d'une manifestation contre la loi travail en 2016, un syndicaliste avait été gravement blessé à l'oeil droit.

Un policier, âgé aujourd'hui de 54 ans, se retrouve sur le banc des accusés, ce lundi, à la Cour d'assises de Paris. Il est jugé pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente.

Les faits remontent au mois de septembre 2016. À cette période, la loi Travail avait provoqué de larges manifestations dans les rues. Laurent Théron, secrétaire hospitalier et militant du syndicat Sud-Santé, était présent à Paris, dans l'une d'elles.

Alors qu'il s'apprêtait à quitter le rassemblement, il avait reçu au visage un éclat de grenade de désencerclement. Grièvement blessé, il avait totalement perdu l'usage de son oeil droit et ne le retrouvera jamais.

Un CRS non-habilité au maintien de l'ordre

Les juges d'instruction ont estimé que cette grenade avait été lancée par un brigadier dans des circonstances suspectes. Son groupe n'était "ni assailli, ni encerclé, ni réellement pris à partie", ont-ils indiqué.

L'accusé aurait agi de sa propre initiative et sans être habilité au maintien de l'ordre, parce qu'il venait d'entrer chez les CRS deux semaines plus tôt, après avoir exercé 20 ans dans un commissariat de nuit. De son côté, il a toujours estimé que son geste était légitime.

"19 fonctionnaires de police au même moment disent qu'ils reçoivent des projectiles, qu'il y a eu, au moment du tir, une prise à partie des fonctionnaires qui a nécessité une réplique", affirme Laurent-Franck Liénard, l'avocat du policier.

Une victime mais pas de coupable?

"Le caractère inadmissible de cette blessure on le comprend, M. Théron c'est bien la victime, mais ça n'est pas parce qu'il y a une victime qu'il y a un coupable", ajoute l'avocat. Le policier, lui, comparaît libre, sous contrôle judiciaire.

Depuis 2019, la grenade à main de désencerclement a été remplacée par un nouveau modèle, moins dangereux selon le ministère de l'Interieur.

AB avec Lucile Pascanet