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Policiers attaqués à Viry-Châtillon: "On sait que ça peut arriver à nouveau à n'importe quel moment"

REACTIONS - Un adolescent de 17 ans a été mis en examen dans l'enquête sur l'attaque contre des policiers qui avait fait deux blessés graves début octobre à Viry-Châtillon dans l'Essonne.

Première mise en examen dans l'enquête sur l'attaque de Viry-Châtillon. Deux mois après l'agression au cocktail Molotov qui a blessé trois agents de police dans l'Essonne, un adolescent de 17 ans a été mis en examen pour complicité de tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Un autre adolescent, âgé de 15 ans, a été placé sous le statut de témoin assisté. Les deux mineurs sont originaires de la cité de la Grande Borne et sont déjà connus des services de police.

"On attend de voir la suite"

Geoffrey, gardien de la paix et collègue des trois policiers blessés à Viry-Châtillon, estime que cette mise en examen est une première étape dans une enquête qui s'annonce longue: "Il y en a un d'écroué mais il n'était pas tout seul au moment de l'attaque. Il est détention provisoire mais pour combien de temps? Et est-ce qu'il n'y est pas seulement pour faire un exemple?" Alors qu'il travaille toujours sur le secteur de l'attaque, ce policier fait part de son inquiétude.

"On sait que ça peut arriver à nouveau à n'importe quel moment, indique-t-il. Pour l'instant, il y a des CRS en sécurisation sur le secteur mais on sait que ça ne durera pas. On attend donc de voir la suite et ça passe par la réponse pénale qui sera apportée". Pour Emilie, brigadier dans l'Essonne, cette mise en examen "est une avancée" "mais dire que c'est un soulagement, c'est un bien grand mot". "Cela veut dire que des choses commencent à être identifiées pour autant les personnes qui sont probablement à l'origine de l'attaque ne le sont toujours pas", déplore-t-elle encore.

"On suit ça de près"

"Les personnes interpellées ne sont en effet que des petites mains, poursuit-elle. Ce sont des gens qui ont participé à l'acquisition de l'essence et à la confection de cocktails Molotov mais ce ne sont pas eux qui ont fait. Il faut donc attendre la suite et voir si ça peut mener à quelque chose". Selon Grégory, policier de la Bac de l'Essonne, "on s'attendait à ce que ce soit des adolescents. Car en général, ce ne sont pas les personnes qui risquent le plus pénalement qui s'attaquent à nous. Ils envoient les plus petits en raison de l'irresponsabilité pénale. C'est plus facile pour eux de rester cachés".

"Maintenant, est-ce que l'enquête permettra de découvrir les commanditaires de l'attaque? Nous l'espérons parce qu'il faut qu'il y ait une réponse pénale vraiment forte pour que les collègues se sentent soulagés. Et on espère que, suite au mouvement lancé en soutien à cette attaque, l'on va pouvoir avoir des moyens adaptés et une réponse judiciaire adaptée pour que ça ne se reproduise plus. On suit donc ça de près".

M.R avec Marion Dubreuil