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Policiers écroués après avoir frappé un producteur: "Certains policiers se croient dans une situation d'impunité, il est bon que la justice leur rappelle que non"

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Deux policiers ont été placés en détention provisoire après la diffusion d'images les montrant frappant violemment un producteur de musique à Paris.

Après l'indignation nationale, les sanctions. Trois policiers filmés en train de frapper Michel Zecler dans son studio de production ont été mis en examen pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" et "faux en écriture publique. Deux d'entres eux ont été placés en détention provisoire dimanche, le troisième a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Un autre fonctionnaire, soupçonné d'avoir lancé une grenade lacrymogène à l'intérieur du studio a également été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

"Quand j'ai vu la vidéo j'ai été choquée. Je suis une fervente défenseuse des forces de l'ordre mais on ne peut pas tout accepter. D'ailleurs pour les défendre il faut être honnête", a estimé Zohra Bitan ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules", avant de s'en prendre à ceux qui assurent vivre dans une dictature.

"Ceux qui crient à la dictature devraient maintenant nous expliquer dans quelle dictature on incarcère deux policiers, dans quelle dictature on mobilise autant de gens pour des violences policières et dans quelle dictature un président appelle une victime. Il faut changer de discours parce que la haine anti-police alimente les dérapages", a-t-elle également déploré.

"Sur le strict plan juridique la détention provisoire n'était pas obligatoire"

Pour Stéphane Jégo, cette violence est un reflet de la société: "La société est de plus en plus violente. Là il y a eu une confusion de tout et un effet de meute. Ce n'est pas des policiers, ce sont des voyous. C'est l'instinct primaire de l'être humain qu'on a vu", assure le restaurateur.

"Sur le strict plan juridique la détention provisoire n'était pas obligatoire", estime de son côté l'avocat Charles Consigny alors que le juge a prononcé un placement en détention pour éviter que les policiers ne se concertent entre eux ou exercent des pressions sur les témoins. "Il y a des téléphones en prison, elles ne sont pas étanches", ajoute-t-il pensant que ce placement en détention est peut-être motivé par une envie de satisfaire l'opinion publique après le tollé suscité par les images.

"Il y a une minorité de policiers qui se croient dans une situation d'impunité notamment s'agissant des violences. Il est bon que la justice vienne leur rappeler que non. Je pense à tous ces moments en comparution immédiate ou des prévenus assurent avoir été frappé et insulté par des policiers et que les juges leur rient au nez. Des casiers judiciaires viennent s'alourdir avec des histoires d'outrages et à la lumière de ces événements on se demande s'il n'y a pas eu des milliers de condamnations sur la base d'accusations de policiers? Sans cette vidéo, Michel Zecler serait en prison puisque la parole du policier prévaut", déplore Charles Consigny.

Les "Grandes Gueules" plaident alors pour les caméras-témoins, des caméras qui seraient fixées au torse des policiers et qui permettrait de filmer leurs interventions. 

Guillaume Dussourt