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Policiers équipés de caméras: "Une baisse de 70% des outrages à agents"

L'affaire Théo pourrait relancer le débat sur les caméras-piétons, de petites caméras accrochées sur le torse des forces de l'ordre. Rillieux-la-Pape, près de Lyon, est la première ville à avoir équipé sa police de ce dispositif il y a plus de deux ans. Et le bilan est plutôt positif.

Une petite caméra accrochée sur son torse. Il y a deux ans, la procédure de contrôle d'identité a un peu changé pour Marie, policière à Rillieux-la-Pape. Elle doit désormais prévenir que l'intervention est filmée. Et le dispositif est tout simple: "Quand on descend du véhicule, on enclenche directement notre caméra qui est en mode veille. Il y a juste à appuyer sur le bouton. Quand les contrevenants se rendent compte qu'ils sont filmés, qu'ils ne pourront pas dire qu'il s'est passé telle ou telle chose pendant l'intervention, c'est plus sécurisé, tout est filmé".

Les images de la quinzaine de caméras-piétons sont ensuite stockées, pendant 6 mois. Et personne ne peut les modifier ou les supprimer selon Nabil Boussaid, le chef opérationnel de la police municipale: "On ne peut pas en faire n'importe quoi. Ces images ne peuvent pas être tronquées, ce sont des séquences de 15 minutes donc s'il manque une minute on s'en aperçoit. On ne peut pas tricher là-dessus".

"Toujours plus de vidéosurveillance"

Mais les habitants sont plutôt partagés sur ce dispositif: "Je trouve que ce n'est pas nécessaire d'équiper les policiers de caméras, parce qu'il y a toujours plus de vidéosurveillance. Rillieux, ça s'est beaucoup calmé ça a évolué, je trouve que ce n'est pas une nécessité", estime une habitante.

Mais pour un autre, c'est l'assurance qu'il n'y ait pas de dérapage: "Le policier fera attention à ce qu'il dit, à ce qu'il fait. Parfois il peut y avoir des insultes, des bousculades alors que s'il y a une caméra, ça ne risque plus rien. Moi ça me rassure".

"On a vu le changement de manière quasi-immédiate"

Julien Smati, l'adjoint au maire en charge de la sécurité, en est persuadé : ces petites caméras auraient été bien utiles dans l'affaire d'Aulnay-sous-Bois: "On a vu le changement de manière quasi-immédiate avec une baisse de 70% des outrages à agent de police. Moi je pense que s'il y avait une caméra dans l'affaire d'Aulnay, on aurait pu connaître la vérité, on aurait pu trancher dans un sens ou dans l'autre et aujourd'hui on est en pleine spéculation médiatique sur toutes les affaires de police"

Près de 2 000 caméras accrochés sur le torse des forces de l'ordre sont en cours d'expérimentation en France. Et le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a annoncé que 2 600 dispositifs de ce type allaient être déployés chez les policiers et les gendarmes. Avec une nouveauté : le déclenchement obligatoire de ces caméras lors des contrôles d'identité dès le 1er mars.

P.B. avec Gwenaël Windrestin