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Pourquoi Michel Platini joue gros cette semaine

LE PORTRAIT DE POINCA - L'avenir de l'ancien numéro 10 des Bleus se joue cette semaine devant la justice suisse cette semaine.

Michel Platini a 65 ans et plus personne n’ose l'appeler "Platoche". Son histoire, c’est celle d’un parcours rectiligne, d’une ascension parfaite suivie d’une chute terrible.

L'ascension d’un petit-fils d’un immigré italien sidérurgiste en Lorraine, qui va grimper toutes les marches. D’abord professionnel en deuxième division avec l’AS Nancy Lorraine. L'épopée des Verts de Saint Etienne. La consécration en Italie à la Juventus Turin. Avec l'équipe de France, une victoire à l’Euro. Deux demi-finales de coupe du monde.

Trois fois de suite Ballon d’or. Sacré par France football meilleur français du 20e siècle devant Zidane. Retraité à 32 ans, il est rapidement nommé sélectionneur de l'équipe de France.

Puis va commencer une deuxième carrière.

A la FIFA les ennuis commencent

En 2007, il est élu président de l’UEFA, patron du football européen. Réélu deux fois. Je l’ai interviewé à cette époque lors d’un congrès à Monaco, j’ai eu l’impression de rencontrer un chef d’Etat. Entouré comme un président, flatté comme un président, langue de bois comme un président. 

A l’époque il ne lui restait plus qu’une marche à franchir pour devenir le roi du foot mondial. En juillet 2015, il annonce sa candidature pour la présidence de la FIFA, la fédération internationale. Un mois plus tard seulement, l’affaire éclate. Platini est fauché comme un lapin en plein vol.

On apprend qu’en 2011, il a touché un chèque de 2 millions de francs suisses, 1,8 millions d'euros, de la part de Sepp Blatter, le président de la FIFA. Platini et Blatter affirment qu’il s’agit d’un reliquat de salaire pour des activités de conseil environ 10 ans plus tôt. Mais il n’y a pas de contrat ni de traces écrites. Les deux apparatchiks du foot se sont entendus comme des marchands de bestiaux à la foire. "Tope là, voilà 2 millions et on en parle plus". 

"Quitte ou double"

La suite pour Platini a été une longue descente aux enfers. Obligé de démissionner. Condamné par la commission d'éthique de la FIFA à 8 ans d’interdiction de toute activité dans le foot. Peine réduite à 6 puis à 4 ans. A un moment il n’avait plus le droit d’aller dans un stade.

Sur le plan pénal, la justice suisse l’a d’abord blanchi avant de rouvrir des poursuites. Et c’est dans ce cadre qu’il est entendu ce lundi et mardi par un procureur.

Il joue gros. C’est quitte ou double Il peut être renvoyé devant un tribunal pour escroquerie, délit passible de 5 ans de prison.

Ou bien il peut être une nouvelle fois blanchi. C’est ce qu’il espère. Il a toujours dit qu’il était innocent et victime d’un complot. Dans ce cas, il a confié à un journal allemand qu’il pourrait viser de nouvelles hautes responsabilités dans le foot…

Nicolas Poincaré (avec J.A.)