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Pourquoi Ramon Cortes, condamné à 30 ans de prison pour avoir tué son ex-compagne en 2013, a-t-il été libéré?

Ramon Cortès, condamné à 30 ans de prison pour l'assassinat de son ex-compagne en 2013 a été libéré en attendant son procès en appel qui doit se tenir fin avril à Montpellier.

Il avait enlevé la mère de ses trois enfants puis l'avait exécutée dans les bois et enterrée dans une tombe qu'il avait creusé la veille. Ramon Cortes avait été condamné à 30 ans en 2017 par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Il a été libéré ce jeudi.

"C’est une sanction d’un procédé de justice un peu trop long. C'est une manière de pointer du doigt le manque de moyens des magistrats", a expliqué dans Bourdin Direct Me Jean-Marc Darrigade, l'avocat de Ramon Cortes.

"Son cas peut paraître choquant mais il faut s'élever au-dessus de ce cas et se dire qu'il est parfaitement choquant qu'un homme ne soit pas définitivement condamné au bout de 7 ans de détention provisoire", a-t-il aussi estimé.

La loi du 23 mars 2019, portant notamment sur la réforme de la justice, prévoit que "si l'accusé n'a pas comparu (en appel) devant la cour d'assises avant l'expiration des délais prévus au présent article, il est remis immédiatement en liberté s'il n'est pas détenu pour une autre cause".

"Il reste dans la démarche d'un homme qui veut assumer ses responsabilités"

Ce délai est fixé à un an et peut être "à titre exceptionnel" prolongé à deux reprises de six mois, soit deux ans au maximum. Dans le cas de terrorisme ou de crime contre l'humanité, ce délai maximal est porté à trois ans.

Me Jean-Marc Darrigade assure que son client n'en profitera pas pour se soustraire à la justice: "C'est un homme qui s'est constitué prisonnier donc il reste dans la démarche d'un homme qui veut assumer ses responsabilités. Il sait que ces 4 mois jusqu'au procès sont juste une respiration et qu'il devra vraisemblablement retourner derrière les barreaux".

Ramon Cortes doit être jugé en appel devant la cour d'appel de Montpellier du 20 au 24 avril, soit deux ans et demi après sa condamnation en première instance prononcée le 24 octobre 2017 par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.

P.B.