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Procès du père Preynat: l'avocat du prévenu va s'appuyer sur une expertise psychiatrique privée

INFORMATION RMC - L'avocat de Bernard Preynat va s'appuyer sur une expertise psychiatrique privée lors de son procès qui doit débuter ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon. Durant l'enquête, le prévenu a confié à son avocat avoir été lui-même victime d'abus sexuels étant enfant.

Le père Preynat aurait été victime d'abus sexuels. Des faits qu'il n'avait pas évoqués au juge d'instruction durant l'enquête. Son avocat avait demandé une contre-expertise judiciaire à la lumière de ces faits, refusée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon en juin dernier. C'est pour cela que l'avocat a fait faire une expertise psychiatrique privée.

"Je n'en ai pas parlé au juge pour qu'on ne croit pas que je le disais pour me disculper", confie Bernard Preynat à la psychiatre. […] J’avais honte". "Il s’est toujours senti attiré par les garçons depuis, jamais par les filles", écrit la psychiatre, "il est attiré par les enfants à partir de l’âge de 15, 16 ans".

L'ex-prêtre dit avoir été lui-même victime d'abus sexuels lorsqu’il avait 8-9 ans, mais aussi lorsqu’il était en classe de 6ème, par un prêtre: "Pour nous expliquer les mystères de la vie, il me baissait le short et le slip. Il aimait bien me laver le sexe avec un gant de toilette... Il m'a refait la même chose au bord de la route mais sans gant de toilette".

"Je n’ai jamais voulu faire de mal à personne"

Pour la psychiatre, ces événements ont pu "ancrer" son attrait pour les corps d'adolescents ou d'enfants, "attrait qui est devenu une addiction" analyse-t-elle. "J'ai mis du temps à comprendre que les enfants étaient des victimes [...] Je les pensais complices [...] Je n’ai jamais voulu faire de mal à personne. Je ne me rendais pas compte", explique Bernard Preynat.

Une "souffrance des enfants victimes qui ne lui apparaissait pas lors des faits", dit la psychiatre. Elle conclut: "Il est dans la culpabilité, la honte et la demande de pardon". A la psychiatre, il se confie sur son avenir "peut-être entre les quatre murs d’une prison, sinon la solitude. Je n’ai aucune vie sociale, personne à qui parler, j’évite de trop me montrer".
Gwladys Laffitte