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Procès Kulik: comment Willy Bardon a pu faire rentrer du poison dans la salle d'audience

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À l'annonce de sa condamnation pour le meurtre d'Elodi Kulik en 2002, Willy Bardon a ingurgité du Temik, un poison connu et extrêmement dangereux.

Willy Bardon, qui avait avalé un pesticide vendredi après l'annonce de sa condamnation à 30 ans de réclusion criminelle dans l'affaire Kulik, est réveillé et son pronostic vital "n'est plus engagé", a annoncé lundi le procureur d'Amiens

Vendredi soir, il a ingurgité un produit toxique juste après avoir appris sa condamnation à 30 ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement et la séquestration suivis de mort d'Elodie Kulik en 2002. Toujours au service de réanimation, "son état reste critique dès lors que l'on n'est pas sorti de cette phase", a déclaré le procureur.

Le produit ingéré est un pesticide appelé le Temik. C'est un poison connu, extrêmement dangereux qui a des effets à la fois sur le système nerveux et le système cardio-vasculaire et se présente sous la forme de cachet et que Willy Bardon a avalé avec le contenu d'une bouteille d'eau. Mais comment a-t-il pu ingurgiter ce poison en pleine salle d'audience, alors qu'avant de prendre place sur le banc des accusés, il a été minutieusement fouillé comme le veut la procédure ?

Willy Bardon comparaissait libre

Selon les premiers éléments les policiers n'ont pas vu ce poison, caché dans une petite gélule, peut être elle-même cachée dans un mouchoir, explique le procureur de la République. Autre explication: Willy Bardon comparaissait libre à l'audience et "a très bien pu venir au tribunal avec ce produit".

"Son geste veut dire quelque chose d’extrêmement simple. Il veut dire qu’il est innocent et qu’il n’a pas supporté les débats et puis la condamnation qui pour lui est totalement insupportable. Nous allons faire appel dès que possible", a assuré à RMC L'avocat de Willy Bardon, Marc Bailly. 

Une enquête est ouverte pour déterminer comment il s'est procuré ce poison, dont la vente est très réglementée, "si c'est un acte qui avait été prémédité, organisé et de quelle manière", a assuré le procureur de la République, précisant que Willy Bardon avait confié à un "proche" qu'il "attenterait à ses jours s'il était condamné".

Rémy Ink (avec Guillaume Dussourt)