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Procès Rio-Paris: les enregistrements des quatre dernières minutes du vol diffusés au procès

Les parties civiles arrivent au tribunal pour le procès du crash en 2009 du vol Rio-Paris, le 10 octobre 2022 à Paris

Les parties civiles arrivent au tribunal pour le procès du crash en 2009 du vol Rio-Paris, le 10 octobre 2022 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

C'est la deuxième semaine du procès du crash de l'avion Air France qui reliait Rio à Paris, le 1er juin 2009. Air France et Airbus sont jugés pour homicide involontaire: 228 personnes dont 61 Français avaient perdu la vie. Lundi 17 octobre, la journée a été marquée par la diffusion, à huis clos, de l'enregistrement des quatre dernières minutes du vol, depuis le cockpit.

Le procès du crash de l'avion Rio-Paris, opéré par Air France le 1er juin 2009, doit durer neuf semaines, jusqu'au 8 décembre. Lundi, la journée a été marquée par la diffusion des enregistrements des quatre dernières minutes du vol, depuis le cockpit.

Ces enregistrements ont pu être extraits des boîtes noires retrouvées à 4.000 mètres de profondeur. Seuls les parties civiles et les avocats ont pu entendre les mots prononcés par les pilotes, la présidente de l'audience ayant décidé de les diffuser à huis clos.

Une écoute difficile

Ce sont les proches qui ont demandé à entendre. Ils estimaient qu'entendre la voix des pilotes était "absolument indispensable" pour la "recherche de la vérité". Au total, 228 personnes sont mortes, dont 61 Français.

L'écoute semble avoir été difficile. Pendant un peu plus de quatre minutes, la salle d'audience s'est retrouvée comme plongée à l'intérieur du cockpit avec les alarmes qui résonnent et les voix des pilotes, dépassés par une situation qu'ils ne comprennent pas.

À la sortie, les parties civiles ont le visage grave, marqué par ce qu'ils viennent d'entendre.

"Ils n'avaient plus aucun repère, l'avion était défaillant"

"C’était un moment extrêmement intense, dramatique, parce que d’une certaine façon, on entendait des voix d’outre-tombe. On a vu des hommes qui étaient des grands professionnels, qui prenaient leurs responsabilités. Ils n’avaient plus aucun repère, ils ne connaissaient plus la vitesse ni l’altitude, l’avion était défaillant", affirme Alain Jakubowicz, avocat de plusieurs proches de victime.

D'après lui, les mots, sons et intonations des pilotes écartent totalement la thèse défendue par Airbus qui consiste à mettre en cause une erreur de pilotage.

Même si certaines familles avaient pu lire le script de ces enregistrements, les entendre opère quelque chose de différent. "J’appréhendais ce moment, il est encore plus fort que ce que je pouvais imaginer", dit une mère de victime.

Un moment nécessaire pour les parties civiles, qui attendaient ce procès depuis 13 ans.

AB avec Martin Bourdin