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Projet d’attentat déjoué: "L’attaque était prévue le 1er décembre"

La garde à vue des cinq hommes soupçonnés de projet terroriste a été prolongée de manière exceptionnelle. Ils sont toujours dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret.

C'est un des plus gros projets d'attentat déjoués depuis le début de l'année. Les cinq hommes soupçonnés de projet terroriste ont vu leur garde à vue prolongée de manière exceptionnelle ce matin. Elle pourra durer six jours au total, ce qui n'est possible qu'en cas de menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

Ces hommes ont été interpellés le week-end dernier à Strasbourg et à Marseille après plusieurs mois d'enquête. On sait désormais qu'ils envisageaient de passer à l'acte la semaine prochaine, vraisemblablement dans plusieurs lieux en même temps.

"Un de ces sites apparaît également dans un téléphone retrouvé lors des perquisitions"

L'attaque était prévue le 1er décembre, soit jeudi prochain. L'un des suspects a expliqué en audition que le siège de la DGSI à Levallois et celui de la police judiciaire parisienne, le 36 quai des Orfèvres, avaient été désignés comme cibles par un donneur d'ordre en Syrie.

Un de ces sites, localisé dans des captures d'écran Google maps, apparaît également dans un téléphone retrouvé lors des perquisitions. Signe que la menace a été prise au sérieux: la sécurité a été renforcée autour du 36 depuis mercredi, les gardes sont passées de 2 à 3 personnes, équipées de gilets par balle lourds et de fusils mitrailleurs.

"Des lieux de culte et des lieux touristiques comme des bars parisiens, les champs Elysées, Disneyland ou le métro"

Mais le commando semble avoir eu d’autres cibles, c’est ce que laisse supposer le matériel exploité dans les perquisitions. Il y a eu des recherches et des localisations d'autres lieux symboliques, une vingtaine au total: des lieux de culte, des lieux touristiques comme des bars parisiens, les Champs Elysées, Disneyland ou encore le métro. Des sites régulièrement identifiés comme des cibles privilégiées des terroristes.

Mais aucun repérage n'a été établi à ce stade, le projet ne semble pas avoir eu le temps d'être affiné.

"Les quatre Français arrêtés à Strasbourg, sont âgés de 35 à 37 ans"

Que sait-on de ces hommes? Pas grand-chose. C'est peut-être le plus inquiétant dans cette affaire et la plus grande réussite de la DGSI. Le seul qui était connu des services de renseignement, c’est le Marocain, interpellé à Marseille, mais qui habitait à l’étranger. Et c’est la police portugaise qui a permis de l’identifier. Les quatre Français arrêtés à Strasbourg, sont âgés de 35 à 37 ans. Aucun n'était fiché pour radicalisation ou pour des liens avec la mouvance djihadiste. Seul deux d'entre eux étaient connus de la police, mais seulement pour des faits de droit commun. 

On sait que l'un d'eux était animateur dans une école maternelle de Strasbourg. C'est le seul dont a pu rencontrer la famille, les amis, les collègues… Personne ne se doutait de sa radicalisation: aucun prosélytisme, aucun changement de comportement, rien. On aurait pu croire à une erreur si on n’avait pas aussi retrouvé chez lui deux armes de poings, des téléphones et des cartes SIM ainsi qu'une lettre d’allégeance à l'Etat islamique.

Il est également soupçonné d’être allé en Syrie, sous couvert de vacances à Chypre à l'été 2015, avec au moins un autre des hommes interpellés. Une dissimulation presque parfaite qui aurait pu conduire à un nouveau massacre.

Claire Andrieux (avec AM)