RMC

"Quand j’ai porté plainte, le flic rigolait": une victime de violences conjugales témoigne sur RMC

Selon elle, le gendarme qui prenait sa déposition a rigolé en entendant ce qu'elle subissait.

La liste des victimes de violences conjugales s'allonge alors qu'une femme de 32 ans a été tuée vendredi à Perpignan à coups de couteau devant ses enfants par son compagnon portant à 74 le nombre de féminicides depuis janvier.

"Il faut améliorer d’urgence l’accueil dans les gendarmeries", a plaidé Julie, une auditrice des GG, originaire de Gironde, ancienne victime de violences conjugales.

"On ne comprend pas, on se sent démuni"

"J’ai été victime dès le moment où j’ai été enceinte. C'est le schéma classique. Tout se passe bien et d’un seul coup on comprend plus on a l’impression que tout nous tombe sur la tête. D'un seul coup il devient violent. On ne comprend pas, on se sent démuni", raconte-t-elle sur RMC, précisant avoir subi des violences morales auparavant.

"Il faut améliorer d’urgence l’accueil dans les gendarmeries pour être pris au sérieux. La première fois ou j’ai porté plainte le flic rigolait de ce que m’avait fait mon compagnon", assure Julie.

Un "Grenelle" contre les violences faites aux femmes prévu pour septembre

Pour faciliter le dépôt de plainte, certains plaident pour que les avocats d'associations de lutte contre les violences faites aux femmes soient présents dans les commissariats comme c'est parfois le cas aux États-Unis afin d'accompagner les victimes: "Je pense que cela peut être une grosse aide", estime Julie. "Je n’ai pas eu le cran d’appeler ces associations. J’avais même honte d’appeler mes amis parce que devant eux, il ne faisait rien c’était l’homme bien", conclut-elle

Le gouvernement a annoncé via la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, la tenue d'un "Grenelle" contre les violences conjugales le 3 septembre en présence d'associations déjà méfiantes: "Si un véritable travail interministériel se met en place, tant mieux, mais des annonces comme ça, on en a déjà eu pas mal", assurait dans la foulée au Monde Céline Piques, porte-parole de l'association Osez Le Féminisme.

Guillaume Dussourt